Engager de véritables réformes en vue de l’émergence d’une deuxième République débarrassée de toutes les tares du passé. 

Mon admiration pour toi jeunesse digne et fière qui a su redonner espoir à cette Algérie tétanisée !

A.K

Disons-le franchement, sans ambages et en toute sincérité ; dans ce qui arrive aujourd’hui à notre pays, nous les aînés en « moutons noirs » du cheptel de panurge, tournés en « bourriques » formatées par un pouvoir diabolique et machiavélique, qui a su, avec habilité, entretenir tout au long de ces deux dernières décennies, la peur de réagir, de parler, de manifester chez des milliers de braves et honnêtes pères et mères de famille.

Nous sommes de ce fait et de par notre silence coupable, fautifs de la situation qui est finalement arrivée à notre pays et à notre société, avant que notre jeunesse ne nous indique la voie à suivre… Elle est sortie fièrement dans la rue pour clamer haut et fort, « barakat » , ça suffit, car le pays mérite des décideurs et des gouvernants beaucoup mieux que les gérontocrates, les prédateurs, les arrivistes, les incompétents et les malhonnêtes qui se sont incrustés dans les rouages de l’État, depuis au moins trois décennies.

Oui ! Notre jeunesse n’est en fait que la victime expiatoire de notre comportement laxiste et de notre mutisme complice, alors que nous disions d’elle dans une sorte d’acquiescement béat, qu’elle est cette génération « gominée » ne sachant rien faire de ses dix doigts, habituée à vivre de « l’assistanat » et des miettes de la rente gazière et pétrolière distribuées par des gouvernants, dans l’objectif de la faire taire, en faisant pour le reste, le calcul d’une population majoritairement acquise. Pour beaucoup parmi nous les aînés, notre jeunesse était cette génération « ratée », comme pour emprunter certains raccourcis qui nous donnaient bonne conscience et justifiaient surtout notre lâcheté, notre inconséquence et notre démobilisation, face à la dérive que connaissait notre pays et à l’impéritie de nos décideurs et gouvernants.

Nous étions devenus des « zombies » sirotant dans une atmosphère enfumée de nicotine, thés et cafés, dans les antres de la palabre stérile pleins à craquer, de jour comme de nuit, dans notre désert culturel qui ne favorise guère, l’éveil et la vigilance des citoyennes et des citoyens…

Tout a été programmé et réglé comme sur du papier à musique, pour libérer, sans aucune entrave, la voie aux incompétents et aux arrivistes, dans une société formatée où l’incurie, l’allégeance, le clientélisme, la soumission, la compromission et à la prédation des richesses, des biens et services communs, devenaient les mamelles de notre pays qui pour mieux aggraver les dégâts s’appuyait aussi, sur la désinformation dévastatrice des « télé poubelles » off shore ou sur place, pour mieux façonner l’homme et la femme devenus accros à leurs programmes débilisants et anesthésiants, dans cette « nouvelle monarchie » qui a phagocytée la République algérienne censée être, démocratique et populaire…

Toute honte bue, les dépositaires actuels de ce « pouvoir par délégation » et par l’entrisme de lettres anonymes de la «plume cachée» derrière le rideau des faiseurs d’opinions, alors que, maladroitement et malhonnêtement, attribuées à celui qui ne communique plus avec « son peuple » depuis déjà 7 ans, ont aussi dit de cette jeunesse qui vient de nous donner des leçons de courage, de conscience élevée, d’espoir et de fierté depuis la date historique du 22 février 2019, que c’est-elle qui a opté pour la solution de l’exil, comme si prise de folie à la recherche des pays de cocagne et de la vie dorée, celle de la «harga », cette aventure mortelle et sans espoir de la traversée, pourtant très risquée de la Mer Méditerranée… Mensonge ! C’est là, à vrai dire, le discours de ces gestionnaires « canassons » pseudo-dirigeants ou « commis » de l’État, coupés des réalités du fonctionnement de « leur société ». Bien à l’aise et au chaud, assis sur leur « litière matelassée » et renforcée par les revenus occultes du « bakchich » et de la « tchipa », eux qui n’ont pas su ou voulu construire une alternative durable et crédible permettant l’élaboration d’un projet plein d’espoirs et de prospérité partagés par tout un peuple.

Alors, leur trouvaille a été le musellement du petit peuple appâté par la distribution démagogique et irrationnelle de crédits souvent à fonds perdus, de logements sociaux aggravant le dépeuplement de nos campagnes désertées, l’asphyxie de nos villes devenues des étouffoirs, mais aussi, par la honte du couffin du Ramadhan, et par l’épopée en dents de scie, de l’équipe nationale de football qui leur a accordée bien souvent des sursis et un peu de répit. Est-ce là, un projet et une vision de construction d’un avenir meilleur et dignes pour les femmes et les hommes de notre pays ?

Comme ils n’ont pas su protéger celles et ceux qui très nombreux, parmi les meilleurs cadres de notre pays sont partis pour certains « déguisés » et à la va-vite, après avoir bradé le peu de biens qu’ils avaient pour aller quémander l’exil durant la triste décennie noire que par euphémisme nos « dirigeants » appellent la « tragédie nationale » et ne veulent pas que le peuple en fasse le bilan, afin de se protéger eux et leurs familles au prix d’une déchirure dont ils gardent de profonds stigmates et traumatismes, de la perte de leur dignité d’Algériennes et d’Algériens rasant les murs dans les longues files des SDF, devant les « restos » du cœur en France.

Quel malheur pour notre pays ! Quel gâchis que de voir le sort réservé à cette riche ressource humaine formée et expérimentée, alors que contrainte soit à mourir sous les balles et/ ou avec les couteaux des assassins déguisés en religieux, ou au « dur métier » de l’exil! Mais aussi ! Quelle image insupportable donnons-nous, de cette Algérie squattée par des « rats d’égouts » qui nous ont couverts de honte, à l’international! S’ils ne les ont pas fait revenir ne serait-ce que pour des courtes durées pour améliorer les conditions de soins de nos hôpitaux devenus de véritables « mouroirs », pour rehausser le prestige de nos universités, où pour des travaux d’études, d’audits et d’expertises, si nécessaires à nos outils de production et de réalisation, c’est que quelque part, cela arrange « nos décideurs et gouvernants » qui depuis la décennie 80 et de façon plus amplifiée depuis 1999, appliquent avec zèle le principe du nivellement par le bas pour que la médiocrité ne puisse, en aucune manière, cohabiter avec l’excellence, le savoir et la science ! Alors ! Tant mieux pour les pays qui ont su les mettre dans de bonnes conditions de travail et de créativité !

Tout ce drame vécu de par la faute d’apprentis sorciers, a brisé les cœurs de ces parents séparés de leurs enfants cadres supérieurs de la Nation, médecins exerçant par milliers des emplois sous rémunérés et parfois, des petits boulots de la honte, douloureusement, assumée. De ces milliers de mères qui n’ont pas pu faire le deuil de leurs chères progénitures englouties dans le « ventre » de « mare mediterra » qui consigne et archive notre histoire dans ses fonds marins.

Oui ! L’histoire d’un peuple fuyant ses dirigeants indignes de respect et de crédibilité, tant le mépris à l’égard de leur jeunesse et de leur peuple est devenu la règle! Du jamais vu, nulle part ailleurs ! Importe peu pour eux, que toute l’Algérie déménage et fuit vers d’autres horizons géographiques, qu’elle soit vidée de toute sa matière grise, de la substance productive de sa force vive, torrentielle et en bonne santé, de sa magnifique jeunesse qui n’aspire pourtant à ne faire de son pays que cette deuxième République inspirée par l’esprit de justice, d’équité, de progrès et de mieux être, pour toutes et pour tous, où le principe de l’altérité, du vivre-ensemble et de convivence dans une société plurielle et riche, conviviale dans ses villes et ses campagnes et où, Chaouis, Kabyles, Arabes, Mozabites, Targuis …, seront tous unis et solidaires pour bâtir un pays et une nation où toutes ses filles et ses fils sont conscients d’appartenir à un ensemble géographique uni et solidaire capable de devenir progressivement, un modèle pour toute la sous-région du Maghreb, de l’Afrique et du Machrek. Ces dirigeants et gouvernants se sont installés à la tête de notre pays non pas pour se mettre à son service exclusif pour lui assurer la quiétude de l’esprit et la prospérité économique, sociale et culturelle, équitablement partagées, mais pour se servir en priorité et placer leur argent mal acquis dans l’immobilier à l’étranger et dans les paradis fiscaux.

Si nous en sommes-là, c’est que ce pouvoir « sans foi ni loi », porté à bras le corps par des marionnettistes activant dans les coulisses des « cabinets noirs », et fonctionnant dans l’opacité la plus totale a, largement profité et su jouer sur les nobles sentiments d’une société fatiguée et traumatisée par la terrible violence destructrice de la ‘décennie noire’. Il a cherché par l’indigence de sa gouvernance immorale à la diviser pour mieux la dompter et faire durer son règne en agitant le spectre du chaos, tout en s’acoquinant avec ses amis et alliés oligarques, dont la boulimie et l’appétit de cumulards de biens et de richesses indues et faciles sont à égalité de niveau de leur arrogance et de leur perfidie; eux les « décideurs et gouvernants » ridicules, ces « fakakirs », ces indétrônables boulonnés sur leurs sièges comme s’ils étaient incontournables et indispensables pour la survie de « leur » pays. Ils s’affichent, ostentatoirement, avec les oligarques et les pseudos leaders syndicalistes pour nous faire croire que leur alliance avec le capital affairiste et les représentants véreux et corrompus du monde du travail est durable, forte et sert les intérêts du pays. Ils soutiennent leurs mentors qu’ils considèrent comme partenaires, en dépit de leurs frasques et de leurs guignolades à répétitions, comme pour narguer le peuple qui a tout compris, alors qu’il assiste impuissant à cette grande braderie des richesses de la collectivité nationale. Ils se sont appropriés des centaines de milliers d’hectares des terres restituées pas les Chouhada et les authentiques Moudjahidine (pas ceux qui comparent les actes du président de la République à ceux du Prophète Mohammed, QLSSSL), les usines et outils de réalisation, fruits d’un long et pénible sacrifice de sa masse laborieuse.

Mais attention ! Que nos jeunes ne soient pas tentés par l’amalgame ! Car il y a bien chez-nous, des gens fortunés et des capitalistes patriotes qui ne vivent que de leurs efforts et aiment leur pays, activant dans le secteur productif, réinvestissant en Algérie, créant des emplois pour leurs compatriotes, exportant leurs produits sous la marque du « Made in Algéria » tout en payant leurs impôts, contribuant ainsi à alimenter les ressources du Budget public de l’État… Ces gens-là, doivent-être respectés et considérés comme citoyens utiles et indispensables au fonctionnement et au développement de leur société …

Cette génération de jeunes, me disait mon fils dans l’email qu’il m’a envoyé : « a prouvé toute sa maturité au moment où dans des pays dits civilisés, comme en France par exemple, les manifestations des « gilets jaunes » se sont transformées en affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ». Je suis d’accord avec lui, lorsqu’il dit que : « Cette jeunesse a prouvé toute sa capacité à s’exprimer d’une façon civilisée, allant même jusqu’à nettoyer les rues après le passage de la foule ». C’est du jamais vu, et disant le franchement, cela a même étonné et contrarié les plans de ceux habitués à faire appel à leurs « milices », de « baltaguia » toujours prêtes à en découdre avec les paisibles citoyens, moyennant subsides, casse et vols permis..

Pourtant ! La provocation n’a pas cessée avec un Premier ministre arrogant et méprisant, toujours égal à lui-même, égrenant des statistiques officielles falsifiées comme il sait en faire dans l’opacité absolue, après avoir été parmi les artisans et les décideurs de la destruction et de la dissolution de la base productive du pays, de ses instruments et outils de programmation, à long terme, d’une économie productive, autonome et autocentrée. C’est ainsi, que l’organe central de la planification et de la prospective, a été dissout pour ne pas voir venir ce « tsunami » de la rue qui risque de tout emporter, ne plaise à Dieu, avant que notre jeunesse n’est dit stop, à partir de sa réaction sur tout le territoire national, le 22 février 2019… Mon fils, comme tous les jeunes d’ailleurs de son âge, a bien raison quant il dit aussi que : « Mise sous pression par un système mafieux incapable de mettre en place un projet de société après un demi-siècle d’indépendance, incapable de garantir une existence digne à une jeunesse condamnée à traverser la Méditerranée sur des bouts de bois, condamner de rêver ex-nihilo d’un eldorado loin de sa patrie qu’on leur présentait comme La Mecque des révolutionnaires et comme leur terre d’exil ».

Oui ! Ce jeune chirurgien-dentiste est le digne héritier de ces Algériennes et Algériens qui comme son père et d’autres acteurs du développement de l’Algérie ont, modestement, anticipé les évènements par la publication d’analyses et d’évocations pour aborder les problèmes du développement dans tous leurs aspects économiques, culturels et sociétaux. Au même titre, donc, que bien d’autres experts très prolifiques et très généreux dans leurs propositions de sortie de crise, mais tous, jamais écoutés ou suivis dans leurs analyses et/ou propositions. Mon fils a bien raison d’écrire en faisant référence à cette génération qui s’est exprimée, pacifiquement, dans les rues des villes et villages de l’Algérie du Nord comme du Sud, de celle de l’Est comme celle de l’Ouest : « Elle est belle et bien mature et responsable malgré tout ce que l’on peut penser d’elle, mature au point de réagir en même temps et partout à travers l’Algérie, après s’être sentie humiliée par cette énième provocation à la coupole où des citoyens se sont trouvés piégés, à tort ou à raison et rabaissés à des tubes digestifs qu’on corrompt avec du cachir de chez Bellat.» Ils étaient tous là, comme dans la chanson d’Aznavour ! Tous les « architectes » de cette « grosse bourde » de l’appel des troupes, étaient là, en rangs serrés ! Bien identifiés par gros plans comme personnages « porte poisse » qu’il faut, surtout, cacher aux regards d’un peuple qui les a honnis et qui ne supporte plus la présence de ces « dinosaures » dans le champ de sa vision ! Ce peuple à trois quarts jeunesse, a besoin d’une classe politique de sa génération ne traînant aucune « casserole » pour pouvoir lire correctement et rapidement, dans sa pensée, saisir parfaitement, son message, partager, honnêtement, ses angoisses et ses désirs. Alors, oui ! Un changement radical du paysage politique s’impose pour que l’Algérie aille mieux ! C’est là un premier pas à faire si nous voulons calmer la rue, comme furent les premiers pas de ceux qui dès l’Indépendance et qui formaient une équipe de jeunes cadres, souvent sans expérience mais armés d’un enthousiasme et d’une utopie sans pareille que l’on chercherait, vainement, à trouver aujourd’hui jusqu’à ce jour historique du 22 février 2019.

Ils étaient galvanisés par un seul enjeu mais de taille, l’élaboration d’un certain nombre d’objectifs stratégiques à même de mettre le pays sur les rails de la modernité et leur traduction en plans de développement. C’est toute cette aventure d’un pionnier de cette équipe constituée de jeunes venus d’horizons divers qui se sont vu prendre à bras le corps, la politique économique du pays, sorti tout juste d’une longue et destructrice guerre, dépourvu du minimum, mais armé de l’essentiel, « la conviction qu’il fallait suivre au travers de la stratégie globale du développement de février 1966 » qu’ils mettaient en place pour l’élévation culturelle et matérielle généralisée des Algériennes et Algériens et dont l’emploi et l’éducation – formation professionnelle pour le maximum de citoyennes et de citoyens, constituaient l’axe principal… Alors, oui ! Il aurait juste fallu pour les rédacteurs du communiqué du 3 mars 2019 de dire que le président de la République qui est malade et dont la santé ne lui permet pas de mener à bien les fonctions de Magistrat Suprême (ce qui est en rien dégradant ni déshonorant) a besoin d’un report des élections de trois ou six mois pour mettre en place un dispositif concerté avec les différentes acteurs et composantes de la société pour engager de véritables réformes en vue de l’émergence d’une deuxième République débarrassée de toutes les tares du passé.

C’est-à-dire, du clientélisme, de la non séparation des pouvoirs, de la corruption et des malversations, de l’affairisme, du démantèlement des entreprises publiques et des fermes de l’État, de la fiscalité non équitable, de l’économie de bazar…Il aurait fallu également prendre l’engagement solennel de ne pas briguer un cinquième mandat… Il y a de fortes chances alors, que notre jeunesse eut été plus que sensible à cette requête venant d’un vieux dirigeant malade, faisant humblement son mea culpa et désirant sortir dignement par la grande porte, sans laisser derrière lui, un peuple divisé, une société meurtrie et déboussolée sans perspectives claires et autour desquelles la grande masse des Algériennes et des Algériens peut se mobiliser de façon consciente et enthousiaste …

* Professeur

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