Et si les imams se mettaient eux aussi en grève, au même titre que les médecins résidents, les enseignants, les universitaires, les mécaniciens de la maintenance avion, les travailleurs communaux, les enfants à la crèche, les policiers, les mères au foyer…..

Et si les imams…

M.WEt si les imams se mettaient eux aussi en grève, au même titre que les médecins résidents, les enseignants, les universitaires, les mécaniciens de la maintenance avion, les travailleurs communaux, les enfants à la crèche, les policiers, les mères au foyer, les kangourous d’Australie ou les Massaï du Kenya, pas de Tanzanie ? 

Rien que d’y penser, on est ému et fier de nos religieux CCP qui ont voulu braver l’interdiction gouvernementale de manifester, à Alger, pour revendiquer un meilleur salaire. Au fait, ils n’ont rien inventé, se contentant de perpétuer la tradition de mécontentement d’un salarié algérien, universel. Si les kangourous d’Australie ont été tirés à vue à Hussein Dey et les Massaï du Kenya raflés, embarqués dans des bus et envoyés à la frontière nigérienne, la menace des imams de battre le pavé a, plutôt, été accueillie avec circonspection par les tenants du pouvoir absolu. Certains ont préconisé le recours à la matraque institutionnelle, d’autres à l’envoi des troupes motorisées puis des gens se sont mis à réfléchir, pour changer, se grattant la tête, pour enfin s’entendre dire que la pire des choses est de se mettre le clergé à dos. Pas forcément qu’on respecte les représentants de la religiosité ou que le pays respire la liberté d’expression par tous ses pores, mais force est de constater cette épidermique répulsion à taper dans le tas quand il s’agit d’alliés de circonstance. 

Toutes les professions ont eu droit à leur moment de charges, de lacrymogène, de bastonnade et de douches publiques à qui en veut, même si personne n’en veut, mais il y aura pour tout le monde. Les imams ont réussi là où tout le monde du travail a foiré en murmurant simplement leur envie d’aller s’égosiller à l’extérieur. Imaginez la scène : des djellabas blanches dans la rue, le livre saint à la main en train de houspiller le ministre des Affaires religieuses et de l’autre côté des barricades, les forces anti-émeute, en rangs serrés, prêts à charger. La scène aurait ce quelque chose d’irrationnel dans un pays qui se revendique musulman avant toute constitution, le rapport qu’entretient l’Algérie avec l’Islam n’étant que folklorique, frisant le surréalisme kafkaïen. Que dirait le monde ? Quel message enverrait le régime ? Et si les imams ne prêchaient plus le discours officiel ? Si à l’avenir, pour se venger de la matraque et du refus d’augmentation, ils se mettaient à militer, du haut de leurs perchoirs, pour la démocratie, la vraie, pour la justice sociale avant la divine, pour les libertés d’expression, de culte, syndicale… Si les mosquées proposaient un discours alter-institutionnel, appelant les Algériens à s’émanciper en dehors des discours propagandistes religieux. Les imams ne feront pas grève, leurs fiches de paie seront revalorisées d’une manière ou d’une autre et les matraques resteront dans leur fourreau en attendant une autre catégorie de travailleurs moins à risques. 

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