« En Algérie, le fratricide structure le pouvoir politique »

Karima Lazali : « En Algérie, le fratricide structure le pouvoir politique »

novembre 30, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized      Rate This

ENTRETIEN. La psychanalyste Karima Lazali publie un ouvrage qui plonge le lecteur dans la psyché politique algérienne. Où l’on découvre le poids du passé sur le présent. Elle s’est confiée au Point Afrique.


La manière dont l’Algérie a été colonisée et celle dont elle a obtenu son indépendance continuent de marquer le pays. Ici, les chefs du FLN en 1962, Ferhat Abbas, Mohamed Boudiaf, Rabah Bitat, Ahmed Ben Bella, Houcine Aït Ahmed, à la frontière algéro-marocaine. © Khaled Safer/Wikimedia CC

La promesse du sous-titre est tenue. Le livre Le Trauma colonial : une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie est effectivement bien une enquête, minutieuse, détaillée, implacable parfois, sur les effets de la colonisation française sur la société algérienne. Mais aucune diatribe dans ce livre, aucun emportement passionnel, simplement l’observation clinique d’un trauma colonial indicible que Karima Lazali tente de débusquer, de cerner, pour mieux le dire enfin. Exactement dans la lignée d’un Frantz Fanon qui avait observé, alors psychiatre à Blida, que la violence coloniale avait des effets psychiques sur ses patients. Ce même mal-être colonial, mélancolie diffuse et silence plein, a été « entendu » par la psychanalyste dans les propos de ses patients, à Alger comme à Paris.

De ces histoires singulières dévidées dans la parole psychanalytique, Karima Lazali a dégagé une trame commune, fil de soi(e) tissé dans l’histoire coloniale. Comme elle l’écrit justement : « Suivre la musicalité du signifiant “Algérie” mène donc à entrer dans une zone blanche de la mémoire et du politique. Sans cela, la part d’Histoire refusée par le politique se transmet de génération en génération et fabrique des mécanismes psychiques qui maintiennent le sujet dans une honte d’exister. » En somme, même si le colonialisme est désormais aboli, tout se passe comme si la colonialité restait toujours activée dans l’esprit des individus et dans les strates politiques et sociales. Comme un douloureux « membre fantôme ». Et c’est dans cette tension entre colonialisme vaincu et colonialité dominatrice que se situe ce trauma.

Revisitant et interrogeant les questions du meurtre du père, du fratricide, de la disparition, de la légitimité, elle mêle habilement littérature, actualité et histoire pour mieux cerner et « dire » ces « blancs », ces « pointillés » du trauma colonial. L’Algérie coloniale mais également postcoloniale est alors comme éclairée, « signifiée » enfin. La conquête, la guerre d’indépendance, les luttes fratricides au sein du mouvement nationaliste, la terrible guerre civile qui a laissé l’Algérie exsangue se dessinent peu à peu sous le prisme du fratricide éternellement recommencé et d’une quête du père disparu.

Ce livre brillant et salubre se lit patiemment tant les phrases font résonance à une histoire non close. Mais à clore enfin, que ce soit en Algérie ou en France. L’auteure appelle d’ailleurs à « une mémoire plurielle » dans laquelle chaque sujet d’ici et de là puisse se reconnaître, se sentir accueilli et exister, pour délivrer le chant « déchiré » de l’homme. Et ainsi espérer que l’Histoire entre enfin dans le débat public contemporain ». Entretien.

Le Point Afrique : Pourquoi le meurtre du père ou son absence, puis les fratricides qui ont suivi sont-ils au cœur de votre réflexion sur le trauma colonial. Pourriez-vous expliquer votre thèse ?

Karima Lazali : Pour Freud, dans son livre Totem et Tabou, les fils de la horde primitive convoitent la place du père. Ils s’allient et tuent le père. C’est ce meurtre premier qui permet par la suite le vivre-ensemble, car personne ne cherche plus à prendre la place du père. Les fils commémorent cette absence autour de sa mémoire, et donc de sa sépulture. Pourtant, Freud avait observé que le bon sens aurait voulu qu’ils continuent à s’entretuer pour prendre la place du père. Il invente donc un mythe qui porte en lui sa propre contradiction. Soit le meurtre du père ouvre la voie de la mémoire, du vivre-ensemble, de l’amour de l’absent et de la culpabilité, ou bien alors ce même meurtre échoue vers le vivre-ensemble et reconduit le meurtre entre frères jusqu’à ce que l’un d’entre eux prenne la place tant convoitée du père.

En Algérie, le fratricide qui structure fondamentalement le pouvoir politique a été une arme de guerre coloniale afin de produire une élimination sans traces de « l’indigène ». Le fratricide a aussi été en grande partie au service de la « francisation du territoire ». Le sens même de la colonie de peuplement réside dans le fait d’abraser tout ce qui relève de l’altérité de la société conquise au profit d’une occupation pleine du territoire par du « blanc ». La colonialité s’institue sur la disparition des pères laissés sans sépulture laissant les fils sans appui.

Sur plusieurs générations, ces fils devenus révolutionnaires deviennent un groupement de « frères », terminologie usuelle pour dire l’alliance contre l’ennemi lors de la guerre de libération. Ses « frères » combattants étaient privés de la possibilité de se situer comme fils héritier d’un système ordonné par la lignée des pères (fils de, lui-même fils de… etc.). Cela a induit un terrible sentiment d’illégitimité qui s’est transmis au fil des générations. Rappelons que cette occupation entière du territoire (psychique, social, économique, culturel, linguistique… etc.) s’est produite sur 132 ans.

Comment avez-vous retrouvé la trace de ce « fratricide » comme mode colonial et héritage ?

Dans la littérature algérienne, de Kateb Yacine à Mohammed Dib, tous évoquent les effets catastrophiques de la disparition des pères sans sépulture, donc sans possibilité pour les fils d’entrer dans un travail de mémoire. La disparition elle-même a été effacée. Or, la conquête française a eu pour but de déstructurer les liens tribaux en démantelant la structure paternelle qui organisait le lien social. La destruction pleine et entière du collectif « indigène » était une étape nécessaire à la réussite de l’occupation dans le temps. Que ce soit par le meurtre de masse, la disparition, le fratricide, la dépatronymisation comme armes coloniales de fragmentation.

Or, la société traditionnelle était dominée par le patriarcat, lequel donnait un statut et une légitimité aux fils. Le colonisateur s’est chargé de faire disparaître le père sans laisser de trace pour les fils, induisant par là un brouillage mémoriel et une confusion sur qui est qui ? Le père disparu par la République coloniale a fait des Algériens « des fils de personne », avec ce sentiment d’« orphelinage » dont parle Mohammed Dib, de « bâtardise », d’illégitimité, évoqué par Jean El Mouhoub Amrouche. Le père disparu laisse une espèce de gouffre qui va structurer toute la société algérienne.

L’islamisme, né du projet politique et idéologique d’éliminer les restes du colonial, a réactivé par la suite le fratricide, le FIS pouvant aussi s’entendre « Fils ». Avec Dieu comme au-delà du père dont la puissance absolue réapparaît imaginairement la faillibilité des pères. Ce fratricide actif en Algérie dans la structure du pouvoir politique appartient à la fois au corpus religieux (l’islam et sa division fratricide sunnite-chiite) et à l’ordre historique (effet du colonial). Il est bon de rappeler que le pouvoir politique a cherché à se légitimer en prenant appui sur ces deux aspects : le religieux et l’histoire coloniale.

Il me semble que la démocratie est le meilleur moyen de réguler les velléités fratricidaires, à condition que ce tissage démocratique émane de l’intérieur de la société et ne soit pas une exportation coloniale déguisée par de bons « principes républicains ». En Algérie, constatons que le fratricide comme effet majeur du colonial continue à organiser la vie politique. De ce point de vue, le fratricide est une réitération de la colonialité en pleine indépendance. Autrement dit, l’héritage colonial n’a pas été mis au travail dans ses conséquences sur le plan des individus et du collectif. Il reste à inventer de nouvelles possibilités à partir desquelles l’histoire cesserait de se poursuivre à l’infini.

Toute l’histoire politique algérienne peut donc se lire comme un éternel fratricide ?

Politiquement, nous sommes à l’ère des fratricides dans nos sociétés contemporaines. Pour exemple, il suffit de se pencher sur les effets de prétendue importation de la démocratie au Moyen-Orient pour constater qu’au nom des droits de l’homme, le démantèlement des structures usuelles de ces sociétés mène directement vers le fratricide, qui était maintenu sous cloche par la tyrannie du chef.

Les hypothèses que je formule proviennent de ce que j’observe du fonctionnement des individus singuliers pris dans cette structuration du politique actuellement. C’est par ce biais que je suis entrée dans cette histoire des effets à long terme de la colonisation française en Algérie. Dès l’émergence des mouvements nationaux, le politique algérien active un traitement de la différence et de l’autorité humanisante par l’élimination de la figure du père. Il y a eu la guerre entre le FLN et le MNA. Mais aussi et surtout, ce que l’on méconnaît trop souvent, à savoir toutes les exactions internes au sein du FLN pendant la guerre de libération et ensuite. De l’assassinat de Ramdane Abbane à l’évacuation de Messali, fondateur du mouvement nationaliste algérien, jusqu’à l’assassinat de Boudiaf, règne ce principe de l’élimination et du meurtre non reconnu.

À chaque fois que quelqu’un a été en position de père structurant, porteur d’un projet, il a été évacué par son assassinat, son évacuation ou sa mise en exil. En Algérie, il n’y a pas de leader, politique, culturel, intellectuel. L’injonction consiste à maintenir une horizontalité et une apparente homogénéisation fraternelle pour qu’il n’y ait pas la possibilité de l’émergence d’un leader. C’est là que la fraternité frappée d’illégitimité risque de se renverser en fratricide. Rappelons que la guerre intérieure des années 1990 en Algérie a été une guerre fratricide. Le fonctionnement fratricide du politique héritier du colonial s’est répandu à l’échelle de toute la société. Les fratries réelles ont été divisées et déchirées entre « le frère » terroriste et le « frère » policier. Ajoutons à cela le nombre certain d’islamistes engagés dans les maquis avec certains de leurs frères. Ce que nous observons encore à ce jour auprès des jeunes djihadistes français. Actuellement, en Algérie, ce fonctionnement fratricide se poursuit par l’élimination symbolique avec le limogeage de généraux ou de responsables divers

Vous décrivez le politique né du trauma colonial comme une relation père-fils. Où sont les femmes ?

C’est une grande question. Ce livre peut sembler être un livre de père et de fils. Les femmes y sont présentes dans le creux et le retrait. Il pose le principe que le fondement du politique en Algérie repose sur une jouissance ou un fonctionnement fratricidaire. J’explique que ce schéma a pour origine la disparition du père par l’ordre colonial, lequel reste sans sépulture. Si le politique est organisé par la jouissance du fratricide, alors, cela amène à penser autrement l’évacuation des femmes. Forcément, les femmes contrarient quelque chose de ce fonctionnement dans le sens où elles pourraient le stopper, ou du moins s’interposer. Elles sont donc invitées à rester en retrait pour ne pas subvertir la dynamique fratricide. Pourquoi n’arrivent-elles pas à changer cet ordre ? Je l’ignore. Cela demanderait un travail, qui serait autre.

Y a-t-il un risque de voir dans le trauma colonial un dédouanement, ou un « alibi », comme vous l’écrivez, et de nier la responsabilité et la conscience individuelle ?

Effectivement. J’explique que, si on continue à s’agripper, sous le couvert d’une histoire difficile, à ce trauma colonial, aucun changement ne pourra se faire. Tout ce qui va mal de façon diffuse et imprécise est mis sur le dos de la colonisation en Algérie. Le pouvoir politique dans sa dimension révolutionnaire s’est construit contre le colonial pour arracher une indépendance. Mais parfois ce « contre » peut devenir « avec ». L’islamisme est aussi né contre le résidu de ce colonial. Mon but est de dire aussi qu’on est responsable de son héritage. Un héritage s’accepte, mais aussi peut se refuser. Mais, surtout, on peut inventer quelque chose de nouveau à partir de son héritage.

Pour arriver à dépasser cela, il faut avant tout voir le réel de la destruction engendrée par le colonialisme, la transmission qui en a été faite et la trace réelle de cette transmission. Il s’agit de dire que le fratricide est un des effets du colonial, mais il est aussi ce dans quoi on se maintient. La question de la légitimité fait aussi partie de cet héritage. La colonisation a effacé les noms, la généalogie, mais aussi physiquement et symboliquement les pères par les « enfumades » et exterminations de masse. Mais, à l’indépendance, il aurait pu s’inventer quelque chose de nouveau. Pour ne plus être en permanence en train de combler les trous, mais d’abord essayer de faire avec ces trous. Cela n’a pas été fait. Est-ce à venir ?1

Les Algériens sont un peuple révolutionnaire, il ne faut pas l’oublier. Mais, à chaque soubresaut, ils semblent se confronter à un sentiment de catastrophe imminente, telles la guerre civile des années 90, les catastrophes naturelles, la crainte d’un effondrement économique et social à venir, etc. Cette hantise de la disparition est un des effets majeurs de la terreur employée pendant la colonisation : dès la conquête française de 1830, un tiers de la population a disparu. La disparition a été une pratique de l’armée française jusqu’à l’indépendance. Elle a été par la suite une pratique de l’État algérien. Le peuple algérien n’est en rien endormi, mais reste hanté par cette peur diffuse et envahissante. Puis il y a un jeu de complaisance entre le pouvoir et la population, chacun tenant l’autre. La population est certes muselée, mais le citoyen algérien a pris l’habitude d’être dans de petits arrangements avec lui-même, avec les autres et enfin, chose plus subtile, avec le pouvoir politique, quand bien même il s’en insurge.

Vous utilisez les notions de « blanc », « pointillés », « trous » pour dire l’impensé ou l’indicible de la transmission du trama colonial. Comment avez-vous évité de sur-remplir ces blancs, de sur-interpréter peut-être des faits pour mieux les remplir ? Par exemple, vous soulignez que Mohammed Merah a commencé ses tueries un 19 mars, date aussi de la signature des accords d’Évian.

Il ne s’agissait pas de combler, mais de cerner là où il y a eu effacement. Cette affaire Merah commence par l’assassinat de trois militaires. Le signifiant du militaire est là. J’ai voulu aussi montrer que cette coïncidence de date n’a pas fait question dans le débat public. Si cette opinion avait été au fait de son histoire coloniale, cette coïncidence aurait pu être saisie pour réfléchir à ces meurtres. Mais comme cette opinion est aussi dessaisie de cette histoire et que tout est mis en place pour que les Français ne se sentent pas questionnés par cette histoire qui semble réservée aux minorités, aucune liaison historique n’a pu alors être faite. Il s’agit de se placer dans le champ d’une mémoire inconsciente.

De même, pourquoi est-ce seulement à l’occasion des crimes terroristes qu’il est apparu la nécessité de travailler sur cette mémoire coloniale qui pèse sur les descendants de ces ex-colonisés ? Terrible de constater l’urgence de travailler et de discuter de cet épisode de l’histoire française essentiellement lors de crimes commis, d’émeutes ou de climat de guerre civile en France. Jusqu’à quand cette partie de l’histoire française très active dans les discours et les pratiques sera reconnue pour sa propre population ? Alors que les mêmes raisonnements en usage lors de la colonisation et dans la société actuelle se retrouvent. Pour exemple, la question de la compatibilité de l’islam et de la République ainsi que la question du voilement-dévoilement des femmes. Les termes de « Français musulmans » ont une longue histoire dans la colonialité.

Comment expliquer que cette mémoire coloniale soit de l’ordre du trop-plein en Algérie et de l’évitement en France ?

La mémoire de cette histoire est brouillée pour les deux sociétés. Il y a un trop-plein de mémoire qui vire à un défaut de mémoire. En Algérie, l’apparence du trop-plein semble dominée, et en France, ce qui domine serait l’apparence d’un « blanc ». Dans un cas comme dans l’autre, l’archivage d’une mémoire juste et plurielle est en souffrance pour les populations.

Il y a dans le contrat colonial, des deux côtés, quelque chose de l’ordre de la trahison. Il y a tout autant du côté français un sentiment d’offense du fait de cette guerre et de l’indépendance. La relation franco-algérienne commence d’ailleurs par une offense, « le coup de l’éventail » qui justifiera la conquête du pays. Le sentiment d’offense et de trahison n’est donc pas propre aux seuls « indigènes ». Ils tissent le pacte colonial pour les uns et pour les autres.

L’Algérie a été une colonie de peuplement, avec un projet d’installation. Il fallait donc inverser la courbe des naissances au profit des Européens avec pour but l’européanisation du territoire. Les meurtres de masse ont servi à cela aussi. Les immigrés européens, maltais, espagnols, italiens, français qui s’y installaient voyaient leurs enfants devenir français. Cette population européenne s’est sentie trahie avec la guerre de libération, tout comme les Juifs algériens ou les harkis. La colonisation de l’Algérie visait l’éternité.

Comment guérir ces plaies à vif des deux côtés ?

Il faut arrêter de penser que seuls les Algériens ont besoin de la reconnaissance des crimes coloniaux. Cela est utile pour chacune des deux sociétés. Chaque pays doit prendre en charge cette histoire. J’observe que le terme « Algérie » est présent dans l’histoire de très nombreuses familles françaises. Si la société française continue à effacer ou à désavouer son histoire, cela continuera à avoir des conséquences de génération en génération, d’abord au sein des familles françaises dans leur rapport à leur histoire, puis sur le plan politique et idéologique dans le rapport à l’autre « étranger » avec la montée du racisme ou du communautarisme comme conséquences en miroir.

J’observe tout autant qu’il y a eu une avancée là où les autres présidents français s’y sont refusés. Il faudra bien reconnaître que la population française d’Algérie a été prise au piège du mythe colonial qui visait l’éternité. Le reconnaître comme reconnaître, par exemple, le crime d’État qu’a été l’affaire Maurice Audin revient à admettre l’existence de crimes commis par la République sur ses propres citoyens français. C’est une mise en lumière de l’ombre de la République. Il me semble que c’est cet aspect-là qui est maintenu à blanc et sous silence pour la population française afin qu’elle reste éloignée des différents aspects de la République lorsqu’elle exporte ailleurs, au lointain, sa part monarchique et totalitaire.   

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