Ignorer le risque d’une agression étrangère est une erreur.La vigilance est de mise,le peuple Algerien sera uni face à ce risque…

Ignorer le risque d’une agression étrangère est une erreur

Des soldats de l’armée française quelque part en Afrique… D. R.

 K. N– La contribution intitulée «La France prépare une deuxième guerre d’Algérie ?»(1) a suscité de nombreux et divers commentaires, ainsi que la formulation de quelques questions. Le tout mérite éclaircissement. Essayons. Les considérations qui suivront ne sont pas spécifiques à l’Algérie, mais à n’importe quelle nation.

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Conflits internes et conflits externes

Les conflits sociaux internes sont d’abord à considérer par rapport aux conflits externes. Exprimé de manière plus simple, la capacité d’une puissance étrangère d’agresser avec des chances de victoire une autre nation, dépend du niveau de solidité de cette dernière. Solidité signifie que le peuple et ceux qui le gouvernement sont dans une relation de complémentarité solidaire, parce que les membres de cet Etat répondent convenablement aux intérêts de ce peuple. Par conséquent, plus la caste détenant le pouvoir dans une nation exerce le pouvoir au détriment du peuple, plus cette nation est faible, plus une agression étrangère a des chances d’intervenir dans cette nation pour la dominer.

On objecterait : d’accord, mais si la nation à agresser dispose d’une armée solide ? L’histoire répond. Si cette armée possède l’arme de dissuasion actuellement décisive, à savoir l’arme nucléaire, et qu’elle est capable de l’envoyer jusqu’au territoire de l’armée étrangère qui veut l’agresser, alors, la nation risquant d’être agressée dispose d’un moyen de dissuader une agression contre elle. La Corée du Nord en est l’exemple parfait. Et, a contrario, l’Iran est un autre exemple : les oligarchies impérialistes (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France) et l’oligarchie coloniale israélienne font tout pour empêcher l’Iran d’entrer en possession de l’arme nucléaire.

Il reste un autre exemple que l’on commet l’erreur d’oublier : le Vietnam. Contre l’agression coloniale de l’oligarchie française, puis celle de l’oligarchie états-unienne, le Vietnam ne disposait pas de l’arme nucléaire. Il avait mieux : un peuple, une armée et un Etat totalement soudés, solidaires, formant un seul et unique bloc. Ce peuple, les membres de son armée et de son Etat étaient prêts à manger de l’herbe, à mourir jusqu’au dernier avant de se résigner à être occupés militairement. Les dirigeants de ce peuple surent employer la méthode de guerre populaire prolongée, au point de vaincre militairement, par deux fois, successivement l’armée coloniale française, ensuite l’armée impérialiste états-unienne.

Dès lors, deux erreurs sont à éviter pour ne pas en subir les très graves conséquences. La première consiste à ignorer ou infirmer l’hypothèse d’une éventuelle agression d’une oligarchie capitaliste impérialiste ou néo-colonialiste contre une nation dotée de ressources naturelles stratégiques et d’un territoire, également géographiquement stratégique. C’est le cas de l’Algérie. Ignorer ou infirmer cette menace peut provenir d’une personne soit ignorante, soit naïve, soit manipulatrice (autrement dit, un harki masqué voulant détourner l’attention en ce qui concerne cette menace).

Une manière d’ignorer ou d’infirmer consiste à accuser l’auteur qui évoque cette menace d’être au service de l’Etat indigène. En Algérie, il s’agirait de pointer une menace étrangère imaginaire pour soutenir un cinquième mandat de l’actuel Président.

Certes, cette hypothèse n’est pas à écarter. Mais elle n’est pas la seule. Car la menace d’agression étrangère existe objectivement. La contribution précédente a fourni les éléments qui prouvent la réalité de cette menace. Par conséquent, l’existence d’une caste nationale oligarchique, coupée et vivant au détriment du peuple, n’est pas et ne doit pas être un motif suffisant pour ignorer ou infirmer une menace impérialiste néo-colonialiste étrangère.

Ajoutons un autre fait objectif, qu’il plaise ou pas. Les dirigeants de l’Etat algérien, bien que d’une grave carence dans le domaine des droits démocratiques du peuple, ne sont néanmoins pas des harkis serviles des oligarchies impérialistes néo-colonialistes. Que l’on conteste ces dirigeants, à juste titre, pour leur manque en matière de satisfaction des intérêts légitimes du peuple, ne doit pas aveugler sur des aspects positifs de leur comportement vis-à-vis des oligarchies étrangères. Les dirigeants de l’Etat algérien ne sont pas à confondre avec les potentats d’Arabie Saoudite, du Qatar, du Maroc. Et même des dirigeants de l’Etat tunisien. En Tunisie, les dirigeants ont accepté la présence de militaires états-uniens sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Or, la preuve est faite, désormais, que le terrorisme d’obédience dite islamiste est la création des services secrets anglais (MI6) et états-uniens (CIA). Seules les personnes ignorantes des faits, qui se trouvent dans des publications de contre-information(2) et les propagandistes (très puissants et tentaculaires) impérialo-néocolonialistes peuvent contester cette réalité.

Ce n’est pas le cas en Algérie, même si, certes, des «taupes» se trouveraient dans les hautes sphères de l’Etat ou proches de lui. Donc, si l’on veut être objectif et utile, il est indispensable de s’efforcer à établir l’analyse concrète d’une situation concrète et d’y voir les éléments réels en présence, au-delà de nos préférences personnelles. Par conséquent, les dirigeants de l’Etat algérien sont, certes, anti-démocratiques, mais ils sont, également, jusqu’à un certain point, anti-impérialistes et anticolonialistes. Le nier, c’est nier la réalité. Ou, alors, dans le cas de la manipulation propagandiste, le manque certes grave de démocratie en Algérie sert, en réalité, non pas à défendre le peuple algérien, mais à légitimer une agression impérialiste ou néo-colonialiste étrangère. La contribution précédente a fourni l’exemple : le discours de l’ex-président Bush pour justifier l’agression contre l’Irak. Voici le contre-exemple : si les oligarchies états-unienne, française et anglaise voulaient réellement combattre les dictatures pour établir la démocratie, qu’attendent-elles pour envoyer leurs armées contre l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, le Maroc, etc. ? Au contraire, les oligarchies impérialo-néocoloniales soutiennent ces dictatures, y compris militairement.

Face à l’éventualité de la guerre, que faire ?

Un lecteur a posé cette question. La réponse est donnée par des exemples historiques de ce qu’il ne faut pas faire et d’autres exemples de ce qu’il faut faire.

Ce qu’il ne faut pas faire, c’est se comporter comme l’oligarchie commandée par Saddam Hussein ou par Mouammar Kadhafi. Dans les deux cas, l’oligarchie dominante était coupée du peuple, d’une part ; d’autre part, elle disposait, surtout en Irak, d’une armée matériellement puissante. Mais celle-ci ne disposait pas de l’arme nucléaire de dissuasion et la caste militaire était coupée du peuple. L’agression impérialiste, dans les deux cas, fut presque un jeu vidéo où, malheureusement, la population civile fut victime de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le principe appliqué fut «Shock and awe», c’est-à-dire «frappe et terrorise»(3).

Ce qu’il faut faire ? Soit comme la Corée du Nord, posséder l’arme nucléaire en mesure de joindre le territoire de l’armée d’agression, ce qui est impossible pour l’Algérie. Soit la méthode vietnamienne. Or, à l’heure actuelle, si l’armée algérienne déploie, certes, tous les efforts pour être capable de résister à une agression étrangère, les expériences irakienne et libyenne enseignent que cela ne suffit pas. Il faudrait soit bénéficier d’un pacte défensif avec la Russie(4), comme la Syrie, soit s’organiser de telle manière que le peuple soit préparé à une guerre populaire prolongée. A ce sujet, un exemple particulier doit être signalé : celui des Talibans en Afghanistan. Environ une vingtaine d’années après l’agression et l’occupation par les armées états-unienne et ses alliés, la majorité du territoire est tenue par les Talibans. C’est là une autre forme de guerre prolongée, j’ignore à quel point populaire, en tout cas efficace face à l’occupation étrangère. Le lecteur qui penserait, à lire ces propos, qu’ils visent à défendre la conception totalitaire réactionnaire des Talibans, serait dans l’erreur. Mon attitude consiste uniquement à comprendre les diverses manières de résister à une agression étrangère. Bien entendu, en Algérie, ce n’est pas de Talibans et de leur méthode de résistance que le peuple a besoin, mais de celle vietnamienne.

On pourrait objecter : mais vous oubliez que le peuple algérien a lui aussi mené une guerre de Libération nationale victorieuse ! Soyons objectifs ! Ce fut, évidemment, une glorieuse guerre anticoloniale. Malheureusement, elle n’a pas su établir, après l’indépendance, l’idéal qui l’animait : «par le peuple et pour le peuple». Quant à celles et ceux qui ont eu l’expérience de cette guerre populaire anticoloniale, combien en reste-t-il pour organiser une éventuelle résistance à une agression étrangère ? Ajoutons d’autres faits. Durant la guerre de libération anticoloniale, les membres de la résistance furent contraints de lutter contre les partisans du MNA de Messali Hadj et contre les harkis, outre à combattre l’armée coloniale française.Et ils sont nombreux qui de l’etranger tirent sur l’Algerie….

K. N.

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