Cette autre Angleterre que les Algériens doivent connaître

Cette autre Angleterre que les Algériens doivent connaître

GB Angleterre

La pauvreté frappe de plus en plus les Britanniques. 

M.K – Au rythme où la dégradation des conditions de vie s’effondre en Grande-Bretagne, les Anglais finiront par socialement s’algérianiser. A l’évidence, la grande puissance économique rejoint doucement mais sûrement la petite nation algérienne en matière d’existence sociale. L ‘Angleterre arrime son système économique et social à celui de l’Algérie, reconnue mondialement pour sa désertification productive, son atrophie sociale et son anémie médicale.

Ainsi, selon les dernières informations parues dans la presse, dans l’Angleterre du XXIe siècle, l’espérance de vie recule. En effet, dans une grande majorité de régions du Royaume-Uni, pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie baisse. Elle baisse au rythme de l’augmentation de la pauvreté. Et la pauvreté progresse à la vitesse de la diminution des budgets sociaux. En Angleterre, on désigne ce phénomène sous le nom de «syndrome de la vie de m…».

A l’instar de nombreuses villes anglaises, Hartlepool est une ville très pauvre. La majorité des entreprises de cette ville sont mortes en pleine maturité et puissance économique, trépassées en vertu des douces et généreuses lois du capital. En effet, les chantiers navals, les mines, les usines chimiques, les aciéries de Hartlepool sont morts de leur belle mort capitaliste. Toutes ces entreprises ont fermé depuis bien longtemps le couvercle du cercueil sur leur existence. Aujourd’hui, à la mort des entreprises en pleine santé économique vient s’ajouter le décès des habitants emportés en pleine jeunesse. Depuis quelques années, un nouveau phénomène est venu se greffer à cette situation : les Anglais meurent plus jeunes. Pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie diminue.

Si dans l’ensemble du Royaume-Uni, l’espérance de vie se maintient encore, la tendance s’est inversée dans des dizaines de régions d’Angleterre. «Dans le quartier, si vous atteignez 60 ans, c’est déjà pas mal», annonce le dirigeant d’une association caritative installée dans l’un des quartiers les plus pauvres de Hartlepool. «Ici, pendant les vacances scolaires, beaucoup d’enfants qui bénéficient de repas à la cantine gratuits ne sont pas vraiment nourris le midi. Souvent, leur seul vrai repas est un take away le soir venant du kebab du coin». La malnutrition mène souvent à l’obésité, ouvrant un cycle vicieux de problèmes de santé.

Faute de pouvoir s’offrir une nourriture saine car trop onéreuse, la majorité des Anglais pauvres s’alimente avec des produits de mauvaise qualité.

On voit ces problèmes de santé se traduire dans les statistiques. Les causes directes de la baisse de l’espérance de vie sont les cancers, les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Mais derrière cela se trouve le mode de vie : l’alcool, la cigarette, l’obésité. L’espérance de vie saine (sans maladie chronique) n’est que de 55 ans pour les femmes, à peine un peu plus chez les hommes.

A l’image de beaucoup de villes européennes frappées de plein fouet par la crise économique, Hartlepool héberge un nombre élevé de personnes affligées de multiples handicaps. «Regardez au centre-ville, on voit partout des fauteuils roulants, des gens avec des béquilles, des handicapés mentaux !», indique un responsable de la mairie de Hartlepool.

Et le directeur de la santé publique de la mairie de cette ville du nord-est de l’Angleterre de préciser : «C’est vrai, ces gens sont malades parce qu’ils ont une vie de m… qui va en empirant. Ils n’ont pas d’emploi, pas d’espoir, et trouvent consolation en allant boire des bières, fumer des cigarettes, et ils s’abîment la santé».

De manière générale, la chute de l’espérance de vie s’explique par la conjonction de la pauvreté, du problème d’accès aux soins, du mode de vie et des logements insalubres.

La baisse de l’espérance de vie s’est particulièrement accentuée depuis 2010, date du début de la crise financière et de la politique d’austérité.

Au demeurant, à Hartlepool, les coupes budgétaires se sont traduites par la fermeture du service d’urgence de l’hôpital. Résultat : la liste d’attente pour voir un médecin s’est considérablement allongée ; l’attente peut atteindre des semaines, voire des mois. Le budget de la ville a baissé d’un tiers en valeur réelle depuis 2010. Conséquence : il ne reste plus que quatre infirmières scolaires pour 40 établissements. Toutes les aides sociales ont été amputées.

Conséquences directes de la baisse drastique des budgets sociaux : la multiplication des maladies et la dégradation de l’état hygiénique. Partout, le visage profondément ridé et les dents abîmées illustrent cette vie difficile. Phénomène très répandu en Europe démocratique et moderne actuelle.

En outre, on assiste à l’augmentation des mères célibataires et à l’expansion vertigineuse de la consommation de la drogue. «La drogue est vraiment difficile à éviter dans le quartier. A tous les coins de rue, on voit des dealers. Skunk, une forme dure de marijuana, héroïne, cocaïne, tranquillisants, toute la pharmacopée est disponible. Avant, il y avait trois ou quatre groupes de soutien pour les problèmes de drogue. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un seul», indique un responsable associatif.

On vieillit beaucoup plus vite en Angleterre. On meurt trop jeune en Angleterre.

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