Depuis 1962, l’administration publique algérienne continue d’apparaître comme opaque, énigmatique et inhumaine pour les citoyens.  Elle leur est, de leur point de vue, injuste, contrairement à ceux, une minorité,  » qui ont leurs entrées « 

L’administration publique algérienne, omnipotente et omniprésente !

 C.A

Depuis 1962, l’administration publique algérienne continue d’apparaître comme opaque, énigmatique et inhumaine pour les citoyens.

Elle leur est, de leur point de vue, injuste, contrairement à ceux, une minorité,  » qui ont leurs entrées  » et qui par des pratiques condamnables, faut-il le rappeler, arrivent à tous les coups, à se faire entendre, et à concrétiser leurs demandes, dont certaines sont à la limite de la légalité, suivez notre regard !

Là, il faut le dire et le dénoncer : qu’un responsable sait qu’il peut, en toute impunité défier la règle de droit pour lui supplanter ses propos critères et apporter à ses connaissances  » son petit coup de pouce  » est tout simplement intolérable, mais malheureusement usité dans l’administration telle qu’elle est pratiquée dans nos contrées d’ici-bas. Et n’importe quel citoyen peut citer une foultitude d’exemples du genre, pour accréditer cette affirmation et justifier son désamour de l’administration.

Il va sans dire que cette façon de faire est, heureusement, circonscrite à quelques cas et qu’elle ne concerne pas toute l’administration, encore moins l’ensemble des agents qui y officient. Mais le danger est là. L’Etat peut décider des projets les plus ambitieux, donner les instructions les plus louables, signer les textes les plus audacieux et se rendre compte que son appareil d’exécution est atteint de paralysie, de bureaucratie, et ne répond pas aux objectifs assignés. Les récentes manifestations survenues dans les wilayas de Bechar, Ouargla et Djelfa en sont les exemples les plus significatifs !

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On a coutume de dire que c’ est  essentiellement à l’ Armée ( comprendre une poignée de généraux), que le pouvoir doit sa présence à la tête de l’Etat. On n’évoque presque jamais le rôle d’une autre « institution » qui a une influence bien plus considérable sur la vie du pays.

Il s’ agit de l’ ADMINISTRATION PUBLIQUE , l’administration centrale proprement dite et ses divers rouages et appendices : enseignement, santé, commerces, offices de toute nature, justice,  banques, services d’ ordre ou de douanes etc, etc ! Tout ce qui a un rapport de près ou de  loin à l’Etat, jusqu’aux entreprises publiques.

sous sa houlette; l’ état d’ esprit « bureaucratique » a déteint sur le service public dans son entier;  c’est devenu la nouvelle normalité.

 

L’ EVOLUTION

 

A l’origine, une bureaucratie servile, parent pauvre des autres secteurs d’ activité, croupissant dans des locaux poussiéreux au mobilier d’ un autre âge; elle a toujours obéi au doigt et à  l’oeil aux caciques du pouvoir :  Pour les « services rendus » à titre personnel d’abord et en devenant l’ artisan des fraudes électorales massives dans les nombreux scrutins qu ‘a connu l’Algerie. Dans ce domaine, la BUREAUCRATIE a fait preuve d’un loyalisme à toute épreuve.

Au fil du temps, elle est devenue incontournable : C’est par son biais, principalement, que le Régime arrive à maintenir le  « statu-quo », la fameuse « stabilité »  indispensable à sa survie.

Trop occupé par l’ »EXTERIEUR » et ses gros contrats, le pouvoir lui a donc gentiment légué, au plan interne, la « GERANCE » des Dinars et des Algériens. Elle y a tellement excellé  qu’elle a fini par régenter tous les aspects de la vie pratique des citoyens. Personne   n’ échappe à son omnipotence : éducation , emploi, logements ,santé etc ,etc….Elle n’ a point d’ égal : ni l’armée ,ni les partis politiques ,ni les syndicats ,etc ..ne possèdent un champ d’ application aussi immense.

Elle a pour  » Elle  » : les textes ,le règlement, les points et les virgules.

– dans une étrange similarité avec les hauts gradés militaires et les caciques du régime, elle possède maintenant sa propre caste : salaires substantiels, privilèges, crédits à taux Zéro, retraites confortables et droits de noblesse. Ceci pour le côté légal. Car il y a l’autre face !:

 

La DERIVE MAFFIEUSE

Ayant carte blanche, la bureaucratie algérienne a commencé a  activer pour son propre compte: Elle a réussi à développer ces dernières années, un mode de redistribution des richesses INEDIT : par la corruption ! et sur une vaste échelle. Pesant ainsi d’une manière inconcevable, dans les différents domaines de son intervention, – et ils sont nombreux –  sur tout le corps social.

Tout le monde, sans exception, passe un jour par ses fourches caudines.

Le pire est que cette bureaucratie si particulière a permis l’émergence de deux types de classes :

–      l’ une émanant de ses propres rangs : une bourgeoisie de moyens et hauts fonctionnaires ,roulant carrosse, maisons cossues, villas en Espagne, progéniture étudiant à l’étranger, grâce a une corruption généralisée et  tarifée ( jusqu’ à 50/50) par l’  intermédiaires de réseaux de courtiers « spécialisés » pour toutes sortes de « services »;

 

–      l’ autre classe qui émerge de façon tonitruante, est précisément la clientèle de la première :

Une faune de malfrats de tous acabits et d’ aventuriers prêts à tout, généralement incultes, étalant au grand jour leurs nouvelles richesses, se pavanant à bord de grosses voitures, chemises ouvertes sur leurs panses, klaxons et musiques à tue- tête. Laissant dans leur sillage, les détritus balancés par les vitres, quand ils ne se bâfrent pas au milieu des enfumades des  grillades qui profusionnent partout à leur usage.

Comment ? Voici, à titre d’exemple , quelques « trucs » en vogue

– assiettes de terrains cédés au « prix étatique » contre des dossiers de garantie « bidon », et revendues en l’état avec des plus values effarantes

– dans la même veine, des promoteurs construisant des logements à la va- vite, sur du foncier acquis au dinar symbolique, et rétrocédés au CASH cinq fois leur prix de revient

– Marchés publics « gâteaux » : aménagement de rond-points, pavage de trottoirs,sur des surfaces à perte de vue, souvent en des lieux improbables où il n’y a pas âme qui vive, où nul passant n ‘a jamais déambulé. Très très cher au mètre carré!! ajoutez les palmiers ramenés d »on sait où, desséchés sitôt plantés ! L’opération est généralement renouvelable tous les deux trois ans.

– Crédits bancaires allouant des sommes astronomiques à des bénéficiaires qui ne se mettent à  » réfléchir à des idées de projet qu’après avoir encaissé.

– Effacement ou arrangement substantiel de l’ ardoise auprés des Impôts aprés  » négociations »

–  Monopoles de fournisseurs aux divers établissments publics     AH ! LA KFEZZA NATIONALE quand tu nous tiens !!.

La liste est bien entendu longue, et en cas de pépin, il se  trouvera  toujours des avocats véreux en relation avec des magistrats tout aussi véreux pour concocter des procés juste-mesure.

L’ ironie est que tout ce beau monde se retrouve à la MOSQUEE le Vendredi, vêtu de blanc immaculé. Au sortir de la prière, on se prend par le coude, on chuchote en aparté, renez – vous est pris pour parfaire les magouilles.

La MACHINE a par ailleurs, un effet centripète, éjectant en premier lieu de son sein ,ses éléments les plus sains, , ensuite envers les opérateurs les plus compétents en butte, eux, par un jeu de compensation pervers, aux fameuses « entraves administratives » .

Elle en est venue à acquérir un statut quasi divin : « ELLE ENRICHIT QUI ELLE VEUT ET ELLE APPAUVRIT QUI ELLE VEUT »

Et la plèbe dans tout ça? Eh bien la plèbe est soumise au RACKETT des échelons les plus bas  de la hiérarchie ! :

– Chantage à l’embauche ( six premiers mois de salaires versés a qui de droit) assorti peut être d’ un droit de cuissage.

– retraits de permis monnayables

– Logements « sociaux » contre espèces sonnantes et trébuchantes

– Agréments de toute nature etc … Là aussi la liste est loin d’être exhaustive;

Malheur a ceux qui s’entêtent, sûr de leur « BON DROIT », ils sont condamnés a galérer dans des labyrinthes sans fin, de bureau en

bureau, de salles d’ « ATTENTE » en salle d’ « ATTENTE ».Cela peut durer des années. C’est la mort lente, a défault d’avoir la même fin que le héros de KAFKA dans le « PROCES ».

L ‘ INFLATION

Bien entendu, il y a eu quelques tentatives, maladroites et le plus souvent velléitaires, de mettre le holà à cette situation; Mais les Ministres PASSENT et la BUREAUCRATIE RESTE;

Au contraire, a l’ instar d’ une Créature de Science Fiction, chaque contre-mesure, chaque tour de vis ne fait qu’accroitre sa puissance et d’ autant sa capacité de nuisance; Elle s’ en délecte même. D’où la prolifération, au sens physique du terme, des SIGLES : Offices , Agences de tout et pour tout et leurs SIEGES ADMINISTRATIFS si caractéristiques ,sacrifiant tous  à la mode des façades en Verre. Et cela pour chaque palier territorial et dans le même secteur d’ activité. Le reste est à l’ avenant, mobilier luxueux, voitures de service à l’ envie, personnel pléthorique et désœuvré.

Tous vivent sur la BETE, sans aucune contre-partie productive. En fait de SERVICE PUBLIC, c’est la course aux obstacles pour la majeure partie des Algériens, Surtout quand sait que dans les pays du monde les plus riches et les plus puissants , on dégraisse à tout va des services publics, pourtant d’ une meilleure qualité que les nôtres.

Juste noter un autre phénomène: Celui de la transmission des postes par  l’ HEREDITE ! dans les secteurs les mieux rétribués.

Les prolongations bien au-delà de l’âge de la retraite, les MANDARINS indéracinables  dans les hopitaux;

Point n’est besoin de preuves. C’ est de notoriété publique, Il suffit d’émerger de temps en temps au-dessus du train-train quotidien pour s’ en convaincre, Cela demande un petit effort, car on s’ y fait à la longue.

Faut-il incriminer l’ADMINISTRATION comme unique responsable de cette catastrophe? Certes, elle en est une des causes et le symptôme principal;

Le régime? ultra-autoritaire à ses débuts et largement démissionnaire par la suite, c’est lui qui a donné le coup de pouce initial. Mais il faut y inclure également la complicité tacite d’ une large frange de la population. D autres causes, plus profondes (liées à notre histoire ) peuvent peut être expliquer ce qui nous arrive. Un pays trop grand ? Trop riche ? pour un peuple dont les traditions avaient pour limites pendant longtemps le clan, la tribu et sur lequel on a calqué d’ autorité des modèles étatiques exotiques.

En attendant les algériens sont divisés en deux : les laissés pour compte, simples spectateurs, et les autres : les « vernis » emportés dans un tourbillon de consommation frénétique de produits importés dont ils ne fabriquent pas un seul. Une course folle dans une  mise à sac gigantesque du PAYS, et paradoxe! dans l’immobilisme total. le paradoxe de tout point matériel qui « tombe » à la vitesse de la lumière et parait pourtant figé  à l’ »horizon » d’ un trou noir.

Que faut-il faire en pareil cas :

1. déplacer les responsables, en nommer d’autres plus compétents, oui, peut-être à la faveur d’un mouvement de walis et de directeurs locaux

2. faire tourner les agents plus au moins confrontés à ces risques, les permuter, peut constituer une solution,

3. ou refuser à admettre de telles situations, qui concernent peut-être des cas isolés,

4. et combien même il n’existerait que quelques cas rares, il faut se garder de les qualifier d’insignifiants. On doit, au contraire, les considérer comme une tumeur qui risque de gangréner, à terme, tout l’appareil administratif.

On ne doit pas, outre mesure, amplifier le sujet au point de le noyer dans l’immense problématique de la réforme du service public, concept encore à la recherche de sa propre définition. Mais dire que tout va bien dans le meilleur des mondes, n’est ce pas monsieur le Premier Ministre, c’est quelque part, vouer à l’échec, toute volonté de progresser !

La solution, en tous les cas, ne doit pas consister dans la création d’un éphémère  » Ministère Chargé de la Réforme du service public « , budgétivore, inutile, qui n’a servi qu’à donner des postes aux  » fils de  » et à recycler un personnel en panne d’idées !

Et puis que pouvait faire un tel ministère sachant, comme l’expérience l’a démontré, que le mauvais accueil de l’administré, le manque de transparence des décisions administratives ; en un mot, tous ces aspects négatifs ne nécessitent ni lois, ni décrets, ni des réformes décidées à partir du palais du gouvernement, pour être supprimés ou tout au moins atténués ?

En clair, ce que désire le citoyen, ce n’est pas tant un nouveau ministre fut-il, celui chargé de la réforme du service public, mais une administration, centrale et locale, respectueuse du droit, transparente, humaine et qui fait de la  » démocratie participative » son crédo.

Pour le commun des citoyens, l’administration, en l’état, reste un labyrinthe de ruelles sinueuses, emmêlées, tortueuses, où il ne fait que se heurter à des difficultés d’accueil, au manque d’information, à la complexité des procédures, à l’inertie des responsables, à l’impéritie des agents et, pour couronner le tout, l’abus d’autorité et l’inapplication du droit. Ce n’est pas, bien évidemment, une tare spécifiquement algérienne car, réellement, quelle est cette société qui peut se vanter d’avoir une administration parfaite ? Partout dans le monde, les relations administration-citoyens se caractérisent pas des hauts et des bas, mais le plus significatif, c’est la régularité de la courbe : elle ne doit pas traduire un état de mauvaises relations.

Evoquer ces mauvaises relations, ce n’est pas faire le procès des services publics ; cela signifie tout simplement qu’il faut mettre le doigt sur une réalité amère, vécue par le commun des Algériens, difficilement évitable, produit normal de tout appareil bureaucratique : l’administration fonctionne mal, au point où parfois, elle dessert plus qu’elle ne sert ! En théorie, elle est supposée être au service de l’intérêt général, soucieuse du respect du droit, n’ayant pour buts que ceux consistant à remplir, convenablement, les missions qu’on lui assigne, notamment les missions de service public.

Dans la réalité, l’administré qui se présente à elle, a l’impression d’être livré à son propre sort ou, pis encore, d’être l’intrus qui dérange les responsables  » qui n’ont pas que ça à faire ! « , c’est-à-dire se préoccuper de lui et de son devenir. Et, quand quelqu’un daigne enfin l’écouter, il doit, au mieux, administré qu’il est, improviser un bref exposé afin de justifier sa présence dans les couloirs de l’administration. Dans ce cas précis, il n’est pas à l’abri d’entendre une réponse lui signifiant  » de revenir plus tard, l’heure étant, par exemple aux préparatifs des élections « . En réaction, l’administré peste contre l’Etat ; il se trompe de cible, en réalité, c’est à l’administration qu’il a eu à faire et d’où, il est reparti bredouille !

Oui mais posons-nous la question de savoir pourquoi cet administré est reparti bredouille ? C’est peut-être aussi de sa faute lui qui ignore tout des procédures administratives en usage, des jours de visite et qui, peut-être, ignore même la structuration de sa propre commune.

Ceci étant dit, on présente, toujours, l’administration comme le bras de l’Etat, mais on ne doit pas perdre de vue que c’est un bras qui dispose, en réalité, d’une autonomie voisine de l’indépendance. En plus l’administration, c’est la réglementation appliquée dans toute sa rigueur. L’administré quant à lui est sensé ne pas ignorer la loi. D’ailleurs, tous les textes juridiques, du plus important à la simple circulaire, sont élaborés, pensés, réfléchis et discutés dans les sphères de l’administration et ne peuvent, conséquemment, échapper aux avis, observations et amendements de celle-ci, avant d’arriver à leur approbation. Elle est omnipotente et omniprésente, dans la vie du citoyen, dans la vie tout court ! Elle reste incontournable et les services publics qu’elle assure représentent l’essentiel. Ces derniers, s’ils ont une raison d’être, c’est bien sûr, celle consistant, majoritairement, à fournir des prestations aux citoyens mais lorsque celles-ci présentent de défaillances, elles deviennent, fatalement, un ensemble de désagréments et surtout d’illusions pour eux.

Conséquemment, un mur d’incompréhension s’installe entre l’administration et les administrés et le fossé se creuse davantage; il en est de même de la confiance qui s’effrite. La contestation s’installe forcément. On demande le départ des élus, on conteste les walis. On ne veut plus de cette administration fondée sur l’autoritarisme, sur le repli, le clientélisme et où s’entremêlent des notions confuses d’intérêt général, intérêt public, ordre public ou intérêt du service !

Le ministre de l’intérieur et des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, qui a tant fait pour moderniser l’administration publique, a cru bien faire en rendant destinataires les walis d’une instruction leur demandant, entre autres, de sévir contre les retards des agents lesquels, désormais, devraient se vêtir plus décemment et surtout porter une cravate, pour mieux servir !

Est-ce que ce type d’initiative peut contribuer à améliorer les choses ? Allez savoir.

En fait, l’on doit recenser, à travers une structure ad-hoc, tout ce qui préjudicie aux relations administration-citoyens dans le but de leur amélioration et leur perfectionnement ; cette structure pourrait fixer des délais raisonnables pour le traitement des dossiers, améliorer les prestations aux usagers, simplifier les procédures, éviter celles qui sont inutiles, réduire les pièces du dossier, affecter la ressource humaine qu’il faut, là où il faut.

De plus, et dans la mesure où les réformes exigées pour améliorer les services publics dans le secteur de la santé ne sont pas les mêmes que celles exigées dans celui des travaux publics, des transports, ou des impôts, chaque ministère doit chercher l’amélioration de ses propres services, sans attendre la réforme de l’administration dans son ensemble ou plus encore, ce qui a émané comme  » mesure novatrice  » du type  » observatoire du service public « . En hibernation depuis sa création, faute d’imagination et de personnels compétents, faut-il le dire !

Pour en finir d’un mot sur cette administration impotente et omniprésente, arrêtons-nous sur cette image de l’administration publique qui est présentée, à tort ou à raison, comme  » le premier Parti du pays « . Les tenants de cette affirmation, par calcul politique ou politicien, avancent cette théorie pour justifier leur positionnement à quelques mois des élections présidentielles 2019 au motif que « l’administration roulerait pour les partis du pouvoir  » !

Cette dernière s’en défend et se fait fort de le prouver réaffirmant sans cesse les principes d’équité et de neutralité qui président à son action, même si, ni le premier ministre encore moins le ministre de l’intérieur et des collectivités locales n’avaient à l’époque guère réagi aux propos du Secrétaire Général du FLN, estimant sans nul doute qu’ « ils n’engageaient que leur auteur  » !

Rappel des faits : Djamel Ould Abbès, haranguant toute la classe politique via la chaîne Ennahar-Tv, avait annoncé, fier comme Artaban, que  » oui, l’administration soutient le FLN et celui-ci la soutient « , les partis qui sont dans la course électorale ont eu toutes les raisons de se sentir offusqués et même blousés !

Une telle déclaration, grave au demeurant, est de nature à donner du grain à moudre à tous ceux qui, dans l’opposition, continuent de dénoncer les dépassements de l’administration au prétexte que cette dernière  » favoriserait les partis au pouvoir « .

Certes, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lors des dernières législatives, avait réfuté toute complicité de l’administration en prenant exemple sur son propre parti, le RND, qui s’est vu retirer 549 candidatures dont seulement 50 ont pu être rétablies après saisine de la justice.

Que vaut, présentement, sa démonstration après la sortie du SG du FLN ?

Comment dès lors mobiliser l’électorat en avril 2019 et, surtout, comment éviter le taux d’abstention record enregistré lors des dernières législatives, quand on a la conviction que les jeux sont faits à l’avance ?

C’est le sentiment qui prévaut chez beaucoup d’Algériens qui ont suivi et écouté le SG du FLN soutenant à la manière d’Amar Saâdani du temps de sa superbe, que  » l’administration, c’est l’Etat et l’Etat, c’est le FLN! « . Un véritable coup de poignard aussi dans le dos des milliers de commis de l’Etat qui ont fait de l’administration un sacerdoce et œuvrent à sa neutralité et à son équité en tous lieux et en toutes circonstances !

Et parfois au péril de leur vie !

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