Certains veulent une politique musclée qui ferait «trépider l’ennemi», d’autres prônent un rapprochement avec l’UE et une Europe qui s’étend de «Reykjavik à l’Extrême orient». Du stalinien au libéral, les 8 candidats en lice pour la présidentielle ont exposé leur vision de la politique extérieure russe.

 

En cas de victoire, ce serait le quatrième mandat de Vladimir Poutine. Interrogé sur les perspectives des relations avec l’UE dans ce cas de figure, Evgueni Primakov, soutien du candidat, a indiqué à Sputnik que la Russie était intéressée de voir en l’UE un partenaire «stable et prévisible». «Clair, transparent et non-politisé, voici les principes sur lesquels nous voudrions construire à l’avenir nos relations avec l’UE», poursuit-il avant d’ajouter: «Nous comptons sur le fait qu’à un moment donné, l’UE sortira du parapluie américain, car ce parapluie fonctionne contre les intérêts de l’UE». M.Primakov souligne que «chaque membre de l’UE a ses points forts et faibles». Citant notamment la France et l’Allemagne, il note la puissance économique des deux pays et fait part de son optimisme quant aux échanges avec eux. «Dans le même temps, nous ne cherchons pas à être ami uniquement avec ceux qui sont riches, forts et qui ont une bonne industrie», résume le soutien de M.Poutine.

Pavel Groudinine, candidat du Parti communiste (KPRF)

Cette fois-ci, ce n’est pas Guennadi Ziouganov qui représente traditionnellement le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), mais Pavel Groudinine, qui incarne l’«optimisme social». Quant à l’UE, le candidat se dit favorable à une coopération avec les vingt-sept États de l’UE (ou vingt-huit tant que le Brexit ne sera pas effectif) aussi loin que ces derniers «ne cherchent pas à transformer la Russie en réserve de matières premières», explique à Sputnik Maxim Chevtchenko, soutien du candidat communiste. «Les Européens ont des choses raisonnables à nous apprendre: un État social, le développement d’un business orienté vers le social…», affirme-t-il. Côté sanctions, Pavel Groudinine compte sur la gauche européenne. «En parlant la langue de la diplomatie et en négociant avec les Européens, et surtout la gauche, je crois que nous pourrons trouver un consensus», espère M.Chevtchenko

Maxim Souraïkine, candidat du parti Communistes de Russie (KPKR)

C’est probablement le scénario le plus dur parmi les huit programmes en lice. Le stalinien Maxim Souraïkine, candidat du parti Communistes de Russie (ne pas confondre avec le Parti communiste, KPRF et son candidat Pavel Groudinine!) prône le retour à l’expérience soviétique et à l’application d’une ligne musclée face à l’Union européenne. En cas de victoire, ce stalinien convaincu «chercherait à arracher les pays de l’ancienne zone d’influence soviétique de pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France», explique à Sputnik le directeur de campagne du candidat, Sergueï Malinkovitch, avant d’aller plus loin en toute franchise: «Les services secrets seront chargés de renverser le pouvoir dans ces pays en collaboration étroite et à l’initiative des forces qui y opèrent». Même ton ferme pour parler du commerce. «Tant que les sanctions n’auront pas été levées, pas question de favoriser les échanges, or des mesures très actives seront prises: on peut évoquer des démarches susceptibles de déstabiliser profondément l’économie de l’UE en tant qu’agresseur à l’égard de l’économie russe», résume-t-il.
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Ksénia Sobtchak, candidate du Parti Initiative civile

Seule femme en lice et plus jeune prétendante au Kremlin, Ksénia Sobtchak se positionne en candidate «contre tous». Elle est la plus «pro-Européenne» de tous et prône un «redémarrage» dans les relations avec l’UE en évoquant dans ce contexte les intérêts communs en matière de sécurité et de lutte antiterroriste. «La Russie, l’Europe et les États-Unis ont des ennemis communs. (…) Nous devons nous unir pour lutter contre la menace terroriste et les organisations interdites», lance-t-elle dans une interview à Sputnik. «La Russie est un pays européen. L’UE est notre partenaire historique, et nous devons investir un maximum d’efforts pour restaurer les liens de partenariat avec l’Europe. Et à long terme, une association avec l’UE doit devenir notre objectif», s’enthousiasme la femme politique.

Vladimir Jirinovski, candidat du Parti libéral‑démocrate (LDPR)

«Éternel» candidat depuis 1991 et l`un des hommes politiques les plus excentriques sur la scène politique russe, Jirinovski se prononce pour une «politique dure dans la direction des intérêts nationaux de la Russie». «Cela ne veut pas dire combattre ou être agressif. (…) Cela veut dire y être toujours prêt et être prêt à frapper du poing sur la table pour faire trépider l’ennemi», déclarait-il début janvier dans une interview au site RuBaltic.Ru. Cette vision n’a point changé à l’approche du scrutin: «Il faut parler une autre langue avec l’Occident, la langue de force, la langue des ultimatums», s’exclamait-il la semaine dernière lors des débats sur la chaîne Pervyi. «Il fallait arrêter depuis longtemps les livraisons de gaz en Ukraine (…) Seule une politique d’ultimatum, de force, de dictature, de fermeté nous aidera à devenir un État riche et heureux».

Boris Titov, candidat du Parti de la croissance

On pourrait l’appeler le candidat du business. Délégué aux droits des entrepreneurs auprès du Président russe, Boris Titov est un homme d’affaires qui a réussi et qui mise dans son programme avant tout sur le développement économique. Celui-ci, estime-t-il, doit devenir une sorte de remède contre les sanctions, car personne n’aurait osé défier un géant économique. «Le développement de la Russie, son marché en pleine croissance sur l’étendue eurasiatique découragera les Européens à poursuivre et à durcir la politique des sanctions», indique le candidat contacté par Sputnik. «En tant que membre du Dialogue de Trianon, créé à l’initiative des Présidents Poutine et Macron, et censé assurer une interaction entre les sociétés civiles russe et française, je suis profondément partisan de voir s’améliorer et se développer les relations russo-françaises», assure-t-il.

Sergueï Babourine, candidat du parti Union populaire de Russie

Faisant partie des vétérans de la politique russe, Sergueï Babourine qui s’était à l’époque opposé à l’éclatement de l’URSS, milite aujourd’hui en faveur du développement industriel et agricole russe. C’est en privilégiant la croissance économique qu’il envisage de répondre aux sanctions européennes. «Les Européens devront voir que les sanctions sont insensées, inefficaces et que la coopération avec la Russie est beaucoup plus avantageuse», nous explique le porte-parole du candidat avant d’ajouter: «Les leaders européens verront qu’eux-mêmes souffrent de ces sanctions et ce sera le moyen le plus efficace». Puis de conclure: «La Russie a traditionnellement eu des partenaires économiques en Europe: en Allemagne, en France, en Italie (…) Et outre ces géants économiques nous envisageons de développer des liens avec les pays aux racines slaves».

Grigori Iavlinski, candidat du Parti Iabloko

Candidat social-libéral, c’est la troisième fois que Grigori Iavlinski se présente à l’élection présidentielle. Il se prononce en faveur d’une baisse des tensions avec l’UE, la restauration de la confiance mutuelle et une intégration dans les «structures économiques de l’Europe». Contacté par Sputnik, le porte-parole de l’homme politique n’a pas manqué de rappeler que l’UE était le principal partenaire commercial de la Russie, préconisant le principe d’égalité dans les échanges. «Il faut chercher des points de contact pour lever les sanctions et les contre-sanctions qui nuisent à l’économie et au niveau de vie en Russie. Il existe suffisamment d’objectifs communs pour ce genre de dialogue, la non-prolifération des armes de destruction massive, la lutte antiterroriste, les tentatives de trouver des réponses à la crise idéologique à laquelle l’Occident d’aujourd’hui fait face», a-t-il indiqué. «L’objectif de Iavlinski est une grande Europe qui s’étend de Reykjavik à l’Extrême orient», a résumé le porte-parole du candidat.
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