Une arnaque bien huilée

Une arnaque bien huilée

L’expert pétrolier de renommée mondiale, Nicolas Sarkis tire la sonnette d’alarme à propos de la main basse programmée sur les hydrocarbures off-shore du Liban.

Vous vous en doutiez déjà, sans trop bien comprendre toutefois les savants rouages de la grande arnaque : cette fabuleuse fortune enfouie au large des côtes libanaises, les hommes qui nous gouvernent sont décidés à en profiter aux dépens du Trésor public, et ils sont en passe de réussir leur coup. Le mécanisme compliqué qu’ils ont mis en place pour faire main basse sur les gisements, c’est une incontestable autorité en la matière qui vient de le démonter pour nous, pauvres profanes que nous sommes (*).

Sans l’ombre d’une réserve, on fera confiance à l’auteur, le Dr Nicolas Sarkis, économiste franco-libanais, expert de renommée mondiale en questions pétrolières, dont les conseils et avis sont recherchés par nombre d’États de par le monde. Et pourquoi pas par le Liban, nouveau venu pourtant dans la prospection pétrolière et gazière, et n’ayant aucune expérience dans ce domaine ? Parce qu’au Liban on n’a nul besoin de spécialistes qui viendraient tout ficher par terre. Parce qu’au Liban ce sont les caïds de la politique qui non seulement contrôlent l’État, mais se préoccupent de la bonne marche de leurs propres affaires, plutôt que de celles de l’État.

Il faut dire qu’ils ne manquent pas d’imagination, ces caïds secondés par des armées entières d’avocats rompus aux manœuvres juridiques les plus acrobatiques. L’astuce, pour ceux de nos lecteurs et lectrices qui n’ont pas eu l’occasion de lire ledit exposé, tient à une série de manipulations dont il faut s’étonner avec Nicolas Sarkis qu’elles aient pu passer comme lettre à la poste, dans la plus parfaite illégalité, à travers tous les filtres et garde-fous de l’appareil étatique. Cela peut paraître incroyable, mais on a commencé par le plus urgent : mettre pratiquement hors circuit ce gros gêneur qu’est l’État, d’abord en empêchant la création d’une société nationale des pétroles, et ensuite en instituant un modèle d’accord avec les sociétés d’exploration et de production ouvrant la porte à des investissements privés. Ne restait plus alors qu’à agréer près d’une cinquantaine de firmes opératrices et non opératrices en glissant dans le lot tantôt des sociétés bidon et tantôt d’autres qui ne sont que notoires associations de pirates pétroliers, d’ailleurs poursuivies en justice dans plusieurs pays.

Maintenant que cette trouble histoire d’hydrocarbures nous paraît enfin claire comme de l’eau de roche, quelles leçons en tirer ? La première est que les âpres rivalités politico-sectaires dont notre pays est sempiternellement le théâtre peuvent très bien se résoudre par un partage plus ou moins équitable de ce gâteau que sont les ressources étatiques : et quel prodigieux gâteau, cette fois !

La deuxième est que le Liban, tout à ses querelles, a perdu un temps fou pour se lancer dans la course à la prospection, se laissant nettement distancer ainsi par Israël et Chypre ; mais qu’importe, les honorables investisseurs ont eu tout loisir de négocier leurs parts. Mieux encore, pour livrer bataille, ils n’ont pas manqué de revêtir leur armure de champion de leurs communautés. Suprême imposture que celle-là cependant, puisque c’est dans leurs comptes en banque déjà bien garnis que finiront ces royalties mal acquises, quelques miettes étant concédées à leur clientèle rapprochée.

Morale de l’histoire : plutôt que d’aller engraisser encore les prévaricateurs, puisse la manne pétrolière dormir longtemps encore sous notre lopin de Méditerranée pollué à outrance. C’est en réalité à la surface, sur la terre ferme, que la pestilence bat tous les records.

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Washington ne frappera plus en Syrie : quand Poutine fait trembler Trump

Washington ne frappera plus en Syrie : quand Poutine fait trembler Trump

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Vladmir Poutine ne bluffait pas. Donald Trump le sait. D. R.

Les Américains essayent de voiler le retrait de leur menace de procéder à des frappes contre l’armée syrienne en prétextant que Damas se serait «soumis» aux injonctions de Washington de ne pas recourir aux armes chimiques «contre les populations civiles». Mais la vérité est que la très sérieuse mise en garde de Moscou a fait trembler Trump et son administration qui ont dû faire machine arrière, car convaincus que Vladimir Poutine ne bluffait pas. «Si jamais les Etats-Unis mettaient leur menace à exécution en Syrie, nous répondrons de la manière la plus adéquate», avait dit, en substance, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.

La réplique aussi prompte que sévère de Moscou n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Aussitôt, Washington a courbé l’échine et montré, en fait, son vrai visage ; celui d’un Etat voyou qu’une simple mise en garde venant de la puissante Russie peut faire taire. Cette remise en cause déguisée en une pseudo-obéissance du «régime syrien au rappel à l’ordre» des Etats-Unis sous la conduite du très versatile et inconséquent Donald Trump, prouve l’extrême vulnérabilité de ce qui est décrit comme une «puissance militaire invincible».

Pourtant, les échecs lamentables de l’armée américaine ne datent pas d’aujourd’hui. Au Vietnam, les GI’S ont reçu une tannée face à une armée vietnamienne patiente et persévérante qui a fini par triompher. Plus récemment, en Afghanistan, en Somalie et en Irak, les Etats-Unis s’embourbent dans des guerres à n’en plus finir, subissant les contre-attaques dévastatrices des groupes islamistes dont, d’ailleurs, ils sont les créateurs. Nulle part ailleurs dans le monde l’armée américaine n’enregistre des victoires et sa suprématie technologique devient de plus en plus obsolète pour plusieurs raisons.

D’abord, une confrontation armée avec la Russie se soldera immanquablement par un désastre mondial si les deux puissances venaient à recourir à l’arme nucléaire. Un conflit russo-américain entraînerait d’autres grands pays dans la guerre : la Chine aux côtés de la Russie et l’Europe – affaiblie – qui se mettra malgré elle sous la férule de Washington, retour d’investissement sur le plan Marshall oblige.

Ensuite, la prolifération des groupes islamistes armés, leur caractère transfrontalier et leur modus operandi nouveau, rend la puissance de feu des armées occidentales inefficaces. Les Etats-Unis ont beau se targuer de détenir les moyens de guerre les plus sophistiquées et les plus nombreux, la multiplication des attentats au couteau ou à la voiture-bélier révoque en doute toute la doctrine militaire de ce pays, bâtie sur la suprématie numéraire et le gigantisme hégémonique.

Bref, Trump ne fera plus rien en Syrie à partir de maintenant. Poutine vient de se libérer une fois pour toutes des contraintes imposées par les Etats-Unis pour faire durer le conflit. La libération de la Syrie est proche et la crise sans précédent qui s’est déclarée entre les principaux bailleurs des groupes islamistes armés – Qatar et Arabie Saoudite – dans ce pays meurtri, ne fera qu’accélérer la fin des terroristes et le retour à la paix.

 

L’Occident finance et soutient le terrorisme!

L’Occident finance et soutient le terrorisme!

Pour ceux qui essaient de s’y retrouver dans les tumultes du monde actuel, les guerres qui ravagent le M-O et particulièrement celle de Syrie depuis mars 2011, donnent à mieux comprendre le jeu retors des puissances extérieures qui les alimentent.

Sous un départ qui s’apparentait à ce que d’aucuns nous ont vendu comme « les printemps arabes », cette terrible guerre fomentée et financée par l’Occident qui espérait la mettre à profit pour renverser le président B. al Assad et avoir ainsi un meilleur contrôle des réserves d’hydrocarbures et des oléoducs du pays, n’en finit pas de nous livrer les arcanes de ce qui se trame dans les couloirs obscurs des chancelleries.

Que l’on ne me rétorque pas que mon propos n’est pas étayé. Il y a aujourd’hui suffisamment de preuves qui attestent que c’est bien l’Occident qui est à la manœuvre derrière toutes ces pseudo révolutions populaires, tant au M-O qu’en Ukraine ou au Venezuela. Et les dernières déclarations du secrétaire d’Etat américain Tex Tillerson en sont l’illustration la plus flagrante, dès lors qu’il a dit devant le comité des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants : « … soutenir des éléments à l’intérieur de l’Iran pour une transition pacifique (ben, voyons !) du régime. » De tels propos sont évidemment inacceptables, mais ils ont l’avantage d’indiquer à ceux qui en doutaient encore, que ce sont bien nos pays qui agissent de manière « terroriste » sur la scène internationale, en intervenant en sous-main pour tenter via quelques ONG « colorées » ou groupuscules d’opposants de renverser des gouvernements qui ne nous conviennent pas afin d’y installer des pions plus dociles et corvéables moyennant quelques avantages. Cela s’apparente bien à des « complots », et nous pratiquons ainsi ce qu’il faut qualifier du seul nom qui convienne : le terrorisme d’Etat !

Les USA ont mis sur pied une coalition des plus douteuse à laquelle participent hélas nombre de pays européens via l’OTAN, ainsi que le gouvernement sioniste de Tel-Aviv en Palestine occupée. Cette coalition est intervenue en Syrie sans l’aval du gouvernement syrien. Il s’agit donc d’une violation flagrante de l’espace souverain syrien. En effet, lequel de ces pays la Syrie aurait-elle menacé pour qu’ils lui fassent la guerre ? Aucun ! Et l’UE s’est alignée en rampant comme une hyène face aux dictats yankees. Voilà les faits ! Voilà l’état de nos diplomaties européennes !

A l’inverse, le gouvernement syrien a demandé l’aide de la Russie, afin de contrer cette coalition contre laquelle son armée esseulée ne pouvait combattre par insuffisance de moyens. Ensuite, et vu la coalition mise en place par l’Occident, l’Iran et le Hezbollah libanais se sont également joints aux forces gouvernementales syriennes pour contrer les agressions de nos pays hostiles et belliqueux, toujours animés par cette arrogance propre à l’esprit colonial qui, décidément nous colle à la peau.

Depuis plus de six ans, le peuple syrien souffre d’une guerre qui se joue sur l’ensemble de son territoire, sans qu’il n’ait rien demandé à qui que ce soit. Des officines extérieures, principalement américaines et sionistes, ont longtemps préparé, formé, financé et armé des groupes de dissidents afin de provoquer un soulèvement du peuple, dans la foulée de ce qui se passait dans les pays voisins. Sauf que les incultes qui étaient à la manœuvre ne se sont pas aperçus que le Dr B. al Assad n’était ni S. Hussein, ni M. Khadafi… et que le peuple syrien est l’un des plus cultivés du monde arabe, capable d’une résistance et d’une résilience imprévues par ces « experts ».

Après avoir laminé l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et y avoir semé le chaos et la désolation sous les fallacieux prétextes de « menaces terroristes » qui nous guettaient, le décor syrien marque l’arrêt de ces piètres scenarii relayés par la clique habituelle des intellos promus au rang de « spécialistes » en stratégie militaire et singulièrement dévoués à l’essor du sionisme. L’allié russe a dit STOP aux aventures occidentales sous couvert aisé des « Droits de l’Homme », et l’équilibre s’en trouve bouleversé, ce qui paraît sain dans un monde globalisé où un seul Etat devenu l’Empire ne peut prétendre à en être le seul gendarme, en fonction de ses stricts intérêts.

Par ailleurs, la Syrie, pays laïc où cohabitaient les différents courants religieux, peut assurément prétendre à une certaine forme de démocratie si l’on concède cette appellation à Israël qui ne s’embarrasse pas de discriminer une large partie de sa population ; pratique l’apartheid à l’encontre de millions d’habitants palestiniens, sans parler des villages non-reconnus et ne figurant même pas sur les cartes routières sous prétexte que ce sont des Arabes qui les habitent ; jette et détient de manière arbitraire des mineurs en prisons où y sont pratiquées la torture ; procède à des punitions collectives ce qui est interdit par les Traités internationaux (https://ihl-databases.icrc.org/dih-traites/com/380-600038) ; étrangle depuis 10 ans la population de Gaza qui n’a plus d’électricité que 2 heures par jour ; ne respecte aucune des Résolutions de l’ONU. Et j’en passe… Aucun gouvernement ne s’autoriserait un tel comportement sans être mis au ban de la société des Nations et subir sanctions et menaces diverses émanant de tous bords. C’est dire combien les notions de Démocratie et de Justice sont piétinées par de tels agissements, et combien les citoyens s’en méfient tant elles sont galvaudées par le microcosme politico-médiatique qui non seulement laissent perdurer ces exemples désastreux, mais pire, les alimentent ! (https://www.legrandsoir.info/au-bout-de-10-de-siege-gaza-atteint-un-point-de-rupture-humanitaire-et-politique-ma-an-news.html)

Ce que l’on apprend au fil des mois de ce qui se passe en Syrie est absolument confondant. Et il faut souligner combien le Droit international est mis à mal par ceux-là mêmes qui dénoncent toujours chez les autres, des comportements qu’ils pratiquent eux-mêmes et à grande échelle.

Mais ce qui dépasse l’entendement, ce sont ces révélations au fil des mois, où l’on voit les USA et cette coalition – donc, nos pays ! – soutenir les groupes qu’ils qualifient eux-mêmes de « terroristes » (Daesh, l’E.I., al-Nosra and c°…) qu’ils affirment combattre par tous les moyens…; ainsi qu’Israël financer directement et soigner les mercenaires issus de ces mêmes groupes ! (http://presstv.com/DetailFr/2017/06/21/526020/IsralAl-Nosra–rvlations-russes).

De plus, si cette criminelle coalition ne s’embarrasse pas des « dégâts collatéraux » lors de ses bombardements qui font des milliers de tués civils, elle aide et évacue directement les chefs de Daesh quand ceux-ci perdent du terrain et tentent d’échapper à l’alliance mise en place par le gouvernement syrien (http://presstv.com//DetailFr/2017/06/14/525261/Raqqa-Syrie-Commandants-de-Daech-hliports-par-les-USA-Etats-Unis).

Pourquoi nos médias et les « pleureuses d’Alep » d’il y a quelques mois passent-ils sous silence ces bombardements que s’autorisent les chasseurs US à l’encontre de l’armée régulière syrienne dès lors que celle-ci menace les positions de Daech ? Ou quand un F-16 américain abat un SU-22 syrien, comme cela s’est encore passé ce dernier week-end. Une telle collusion avec des fanatiques est inadmissible !

A chaque réunion officielle et/ou sommet international, les gouvernements de « nos exemplaires démocraties »dénoncent le terrorisme, mais dans l’ombre et sur le terrain, le soutiennent activement… Tout cela, faut-il le rappeler, avec l’argent de nos impôts ! Comment accepter un tel état de faits !? Comment se prêter encore au jeu infâme de ces cérémonies posthumes où les responsables de nos gouvernements pleurent quelques larmes de crocodile sur fond d’hymne national à la mémoire de civils pris pour cibles, quand dans les coulisses, ils arment et financent le terrorisme !? L’on voit clairement que les victimes du terrorisme dans nos pays sont le résultat direct des collusions de nos Etats avec les groupes terroristes qu’ils soutiennent sur le terrain des opérations. Ces funestes choix politiques se retournent contre nous de la société civile, qui les essuyons de plus en plus souvent. Qui donc aura le courage de le dénoncer avec force !? Qui donc mettra ces responsables politiques face à leurs impostures afin qu’une procédure soit intentée à leur encontre !? Qui interpellera ces élus pour leur dire que de tels agissements méritent une condamnation sans aucune circonstance atténuante !?

Le constat est donc sans appel : oui, les états occidentaux assassinent leur propre population par soutien direct au terrorisme international !

«L’histoire djiboutienne est tragique»

Abdourahman Waberi: «L’histoire djiboutienne est tragique»

mediaAbdourahman Waberi 

Abdourahman Waberi est romancier, poète et universitaire, originaire de Djibouti. C’est une des grandes voix de cet ancien confetti de l’empire français dont l’écrivain a raconté dans son œuvre les promesses et les dérives. A l’occasion du 40e anniversaire de l’indépendance de son pays, RFI l’a interrogé sur l’évolution de son pays, sur son parcours personnel d’intellectuel engagé et sur ses liens indéfectibles avec son pays natal où il est persona non grata depuis presque une décennie.

RFI: Vous aviez 12 ans au moment de l’indépendance de Djibouti en 1977. Quel souvenir gardez-vous de ce tournant dans la vie de votre pays ?

Abdourahman Waberi: C’était effectivement un moment euphorique. La nuit où les drapeaux djiboutiens ont été hissés dans le centre-ville, à quelques encablures de chez moi, je pouvais entendre les gens faisant la fête. L’avenir semblait radieux, du moins on le croyait, et le possible était déjà là !

Vous vivez aujourd’hui entre les Etats-Unis et la France. Quelles sont vos relations avec Djibouti ?

J’ai quitté mon pays à l’âge de 20 ans pour venir faire mes études en France. Je partage ma vie entre Paris et Washington où j’enseigne. A cause de mes affiliations intellectuelles avec l’opposition djiboutienne, je suis interdit de séjour dans mon pays depuis bientôt une dizaine d’années. Mais Djibouti est toujours ma terre natale, même si j’habite loin. Mes liens avec mon pays sont toujours aussi vivaces, grâce notamment aux nouvelles technologies qui me permettent de rester connecté avec les miens. Et puis, il y a un Djibouti en dehors de Djibouti, en France, en Belgique, au Canada. Comme je suis exilé de mon pays depuis plus de trente ans, je peux dire que je fais aujourd’hui partie de cette diaspora djiboutienne, ou presque…

Pourquoi presque ?

Tout simplement parce qu’on est parfois fatigué d’être djiboutien. Djibouti est un pays difficile, politiquement parlant. Comment s’affirmer « Djiboutien » quand on sait que 40 ans après l’indépendance, la population djiboutienne n’a toujours pas l’eau courante, ni l’accès aux soins médicaux de base ? C’est à se demander si l’indépendance a vraiment servi à quelque chose! La vie des gens n’a pas changé en 40 ans, on peut dire qu’elle s’est même empirée pour l’essentiel de la population. J’ai 52 ans, je viens d’une famille pauvre, mais j’ai pu à l’époque faire des études grâce à une bourse de l’éducation nationale et partir à l’étranger pour faire des études supérieures, chose qui est inimaginable maintenant. Les jeunes quittent le pays aujourd’hui pour le fuir, pour aller chercher leur pitance ailleurs. Même ceux qui restent sont désabusés, car ce pays est une dictature familiale, avec un chef unique et inamovible qui prend toutes les décisions. L’histoire djiboutienne est tragique.

Ce Djibouti que vous aviez qualifié de « pays inabouti » a pourtant beaucoup évolué depuis l’indépendance. Avec tous les militaires du monde désireux de positionner leurs troupes à Djibouti, avez-vous l’impression que ce pays est aujourd’hui entré dans le mouvement du monde ?

Dans une réflexion que nous avons à Dakar, au Sénégal, avec des intellectuels venus de l’ensemble du continent à l’occasion de la tenue de ce que nous appelons « Les Ateliers de la pensée », nous réfléchissons à la place de l’Afrique dans le monde. Les penseurs africains contemporains comme Felwine Sarr ou Achille Mbembe nous disent que si l’Afrique s’est planétarisée, le monde aussi a besoin de s’africaniser. C’est ce même déficit qu’on constate à Djibouti où, comme vous le rappeliez, les grandes et moyennes puissances sont venues implanter leurs bases militaires, alors que nous les Djiboutiens, nous avons toutes les peines du monde pour aller à l’étranger. Nos passeports n’ont pas la même valeur que les passeports anglais, français, américains ou japonais.

L’autre évolution majeure que Djibouti connaît, c’est l’érosion de l’influence française. Vous, écrivain reconnu de langue française, vous la regrettez ?

Voyez-vous, mon cas n’est pas très représentatif car si Djibouti a été une colonie française, c’est un accident de l’histoire. C’est d’ailleurs le seul pays de la région à avoir connu la domination française. De tout temps, les intellectuels djiboutiens se sont tournés vers le monde arabe plutôt que vers la France pour leur nourriture intellectuelle. En fait, aujourd’hui à Djibouti, le problème n’est pas l’érosion de l’influence française, mais le vide abyssal qui y règne. Les Djiboutiens vivent dans un désert intellectuel où aucune pensée n’est venue prendre la place abandonnée par les études françaises.

Vos premiers livres étaient profondément engagés politiquement, anti-coloniaux, anti-totalitarisme. Etes-vous toujours un écrivain engagé ?

Disons que mon engagement s’est élargi et il épouse aujourd’hui le souffle et l’envergure du monde. Au-delà du destin de mon pays, je m’intéresse aujourd’hui à des questions plus vastes, à l’écologie, au traitement réservé aux animaux dans nos sociétés modernes, par exemple. Quand j’ai commencé à écrire, on ne liait pas nécessairement la famine qui frappe régulièrement ma partie du monde à la détérioration de la situation environnementale en général. Nous savons aujourd’hui que la fonte des glaciers à Groenland n’est pas étrangère à la sécheresse qui frappe régulièrement l’Afrique de l’Est. Politiquement, je reste un compagnon de route fidèle de l’opposition djiboutienne et chaque fois que c’est nécessaire, je mets ma voix au service de l’opposition et des causes que celle-ci défend.

Faisons un jeu pour finir. Fermez les yeux et pensez fort à Djibouti. Quelle est la première image qui vous vient à l’esprit ?

Le ressac de la mer d’une part et, d’autre part, les ondulations des dunes à l’intérieur du pays. J’ai toujours rêvé de faire rentrer dans la langue française, la danse de la chamelle sur la crête d’une dune. Quand j’arriverai à rendre cette musique-là, j’aurais peut-être atteint le Saint Graal que cherchait le héros de mon dernier roman le chanteur américain Gil Scott Heron, qui lui essayait d’inscrire dans son jazz ou son hip-hop, le souffle du blues.


 

Je pense que la Russie doit se tenir prête, l’Iran ….. la Syrie aussi

 

🔴En Syrie ou dans le Donbass, la Russie y répondra quelques soient les nations qui lui provoquent! Oups!

Les États-Unis avec d’autres pays préparent de nouvelles provocations en Syrie.

Macron rejette le rattachement de la Crimée. Porochenko… aucune surprise, Macron confirme déjà ce que l’on pense de lui. Il n’y aura pas d’amélioration des relations franco-russes au cours de la présidence de Macron. Une ingérence française dans le Donbass, si la France dépasse une certaine ligne rouge, la Russie donnera une réponse adéquate à toutes actions (…)! Macron ferait bien d’en tenir compte.

Donc qu’ils le notent bien, que se soit Trump, que ce soit Macron ou que ce soit n’importe quel leader du monde occidentale, il n’y a aucun d’eux qu’on peut faire confiance. Macron a dit que la France a un poids à jouer en Syrie, mais depuis Sarkozy, Hollande, et maintenant Macron, la France n’a rien à faire pour le règlement syrien (que du bla-bla). Les paroles de Macron, ils faut les prendre avec une très très grande méfiance parce qu’il y a aucune confiance à avoir en Macron…

En Syrie, la résistance est sur le pied de guerre…comprendre qui sera là, la Syrie et ses alliés, Turquie, Hezbollah, Hachd al-Chaabi d’Irak, Forces Al-Qods (CGRI) d’Iran, Russie et d’autres forces d’alliance à la résistance…

Il faudra prendre conscience de la gravité de telle acte et en mesurer les conséquences.

Mikhail Gamandy-Egonov, journaliste et chroniqueur russe

Syrie :pourquoi Washington va perdre

Syrie :pourquoi Washington va perdre?

 

Moscou a d’ailleurs très bien compris le message et a menacé d’abattre, en représailles, les chasseurs américains

Dans un récent article, Foreign Policy évoque la perspective de ce qu’il qualifie de  « Guerre des grandes puissances » et écrit :  » au mois de mai, les États-Unis ont pris pour cible les forces syriennes pour la première fois depuis le début de la guerre en 2011. En réalité, c’est la Russie queWashington a dans son collimateur. Moscou a d’ailleurs très bien compris le message et a menacé d’abattre, en représailles, les chasseurs américains. Une question se pose d’emblée : les États-Unis et la Russie se trouvent-ils au seul d’une confrontation et si oui, comment peut-on l’empêcher? » 

L’article reprend les propos de l’analyste des questions politiques, Emile Simpson qui affirme :  » la situation politique au Moyen-Orient est fluctuante. Il est vrai qu’après  « Printemps arabe », les principales forces en présence se divisent ainsi : un premier groupe englobe les monarchies du golfe Persique que sont l’Arabie saoudite, les Émirats, Bahreïn ou encore les pays laïcs de l’Afrique du nord comme l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie, ou l’est de la Libye. Viendront ensuite la Turquie, le Qatar, soit des États proches des Frères musulmans qui sont inclus dans la région occidentale de la Libye. Un troisième groupe comprend l’Iran et ses alliés comme l’Irak, la Syrie d’Assad ou encore le Hezbollah. Israël, lui, n’entre dans aucune de ces catégories mais il se sent bien proche du premier groupe. »

Simpson renvoie ensuite aux facteurs qui expliquent le face-à-face de plus en plus probable entre les Américains et les Russes en Syrie : l’intervention militaire en Libye qui a exhorté Washington à reconduire le même scénario en Syrie, l’accord nucléaire signé avec l’Iran que Trump a accepté malgré lui et qu’il malmène depuis son investiture et l’émergence de Daech et des groupes radicaux qui ont réussi à s’emparer de l’Irak, et des régions sunnites en Syrie et dans le sud du Yémen :  » l’accord nucléaire a empêché l’acquisition par l’Iran de la bombe atomique n’empêche que sa signature a fait de la Russie la vrai gagnante. Moscou a boosté ses liens avec l’Iran et a tiré un maximum de profit de la levée des sanctions anti-iranienne et ce fut cet état de choses qui l’a renforcé sa position sur la scène syrienne. Or Trump s’adapte mal à un accord nucléaire qu’Obama a fait signer avec l’Iran. »

Selon Simpson,  » le plus grand mal auquel Trump devrait face en Syrie c’est le vide politique, ce qui n’est ni le cas de l’Iran ni le cas de la Russie qui soutiennent fermement le président Assad. Washington ne sait toujours pas à qui confier le contrôle des régions qu’il reprend syriennes ou irakiennes dont il s’empare. en d’autres termes, les États-Unis jouissent d’une stratégie militaire qui n’a pas son pendant politique. C’est un vide qui pèse de tout son poids et s’élargit à mesure que Daech perd du terrain. Il va sans dire qu’en Syrie, le moindre déclic suffit à déclencher la guerre russo-américaine. Un F16 américain ou un TU russe abattu pourront servir de prétexte au déclenchement des hostilités. Par ailleurs, l’acharnement américain sur les forces chiites proches de l’Iran étend la possibilité d’un face-à-face militaire Iran-Etats-Unis d’autant plus que pas un jour ne passe sans que l’accord nucléaire soit visé d’une manière ou d’une autre par Washington. L’Iran pourrait s’en venger en Irak, en poussant ses puissants alliés à exiger un retrait US de la scène politique et militaire irakienne ».

Selon Simpson les Américains n’ont d’autre choix que de s’en prendre d’abord à l’alliance Iran/Russie en Syrie puis à définir un ordre du jour commun pour se battre à la fois contre l’Iran et  Daech : « le facteur kurde est intéressant. C’est un facteur présent à la fois en Syrie et en Irak et qui pourrait servir d’allié aux États-Unis face à l’Iran voire face à la Russie et à Daech. Mais là aussi, les limites en parassent aussitôt. Que faire avec la Turquie kurdophobe?  »

 

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